Le Carmel de Vinça

Historique de l’Ordre

Les origines de l’Ordre du Carmel


Ses origines remontent à la fin du XIIème siècle sur les pentes ensoleillées du Mont Carmel, en Palestine. C’est là que quelques ermites venus d’Occident s’établissent, auprès de la source d’Elie. Ils poursuivent l’idéal de ce saint et ardent prophète dont la présence imprègne encore les lieux : « Il est vivant le Seigneur en présence de qui je me tiens. » (1R 17, 1) Leur quête de Dieu, ils la vivent « dans la dépendance de Jésus Christ » et en compagnie de la Vierge Marie, Reine et beauté du Carmel. Vers 1210, le patriarche latin de Jérusalem, saint Albert, leur donne une Règle qui confirme leur genre de vie.

L’histoire de ce petit groupe d’anachorètes se serait peut-être limitée aux grottes d’un vallon oublié du Mont Carmel si dès 1238 la région, reconquise par les Sarrasins sur les Croisés, n’était pas devenue dangereuse. Comme tous les Latins, voilà nos ermites contraints de regagner leurs pays d’origine en Europe : Chypre, Sicile, France, Angleterre. Là, ils reprennent leur vie de prière et de contemplation selon leur "formule de vie", dans des lieux solitaires.

Mais face à l’urbanisation croissante de la société, ils doivent s’adapter pour pouvoir survivre et subvenir à leurs besoins : se rapprochant des villes, les Carmes avec les Ordres Mendiants prêchent, confessent, enseignent.

Vers 1450, le Bienheureux Jean Soreth, prieur général des Carmes, travaille à la transformation de quelques béguinages, proches spirituellement des Frères Carmes, en monastères de Carmélites. Ce mouvement, lancé aux Pays-Bas, se répand en France mais aussi en Italie et en Espagne.

Le couvent de l’Incarnation d’Avila où entrera la future sainte Thérèse de Jésus en 1535 suivra cette évolution : fondé en 1478 par une communauté de « béates », il ne deviendra carmélitain qu’en 1510.

Sainte Thérèse d’Avila


En 1515, Thérèse de Ahumada nait à Avila, dans cette fière et catholique Castille qui après avoir réussi à réunifier l’Espagne, est partie à la conquête du monde. Sa vie tout entière se déroule dans l’Espagne du Siècle d’Or, avec ses incontestables grandeurs, mais aussi ses limites et ses misères, qui commenceront à se faire sentir dans les dernières années de la vie de Thérèse.

L’enfance de Thérèse, dans une famille nombreuse de la petite noblesse avilaise, est heureuse humainement et profondément chrétienne. Son père est très droit, très sérieux. Sa mère lui transmet son amour de la Vierge et l’initie à la récitation du chapelet. Ses nombreuses lectures et son intelligence précoce l’amènent assez tôt à avoir une vive conscience de la fugacité de la vie et de l’immuabilité de Dieu.

Dès l’âge de raison, elle désire le bonheur du Ciel : être avec Dieu « pour toujours, toujours ». Pensons que l’Espagne tout entière est fervente, que la religion imprègne toute la vie, une vie fragile en ces temps de guerres et d’épidémies, et pour les femmes, risquée à chaque accouchement. Thérèse a treize ans quand sa mère meurt. Elle se confie à la Vierge …

Adolescente jolie, de conversation facile et agréable, sans jamais de médisances toutefois, elle en vient à oublier ses grands désirs de Dieu pour toutes sortes d’amusements et de futilités (pas méchants d’ailleurs…mais pour une âme qui a déjà goûté Dieu, qu’est-ce que tout cela ?). Finalement, pour être plus sûre de « faire son salut » qu’elle juge avec lucidité bien compromis dans son petit univers aisé, avec son tempérament entier et son sens aiguisé de l’honneur, elle se décide à entrer au couvent de l’Incarnation à 20 ans. Oh ! Elle ne choisit pas le monastère le plus rigoureux d’Avila, ni le plus relâché d’ailleurs. Mais enfin…on n’y est pas obligé à la perfection.

Et notre Thérèse va se débattre, pendant près de vingt ans, entre Dieu qui l’appelle à une intimité grandissante dans l’oraison, et les plaisirs mondains, les conversations qui pour être dévotes n’en sont pas moins brillantes et où elle perd beaucoup de temps, sans vraie joie d’ailleurs.

Arrive le Carême de 1554 où elle se convertit devant une statuette de Christ « très blessé ». Elle y voit l’amour de Dieu pour elle et son profond égarement. Désormais, elle va se donner tout entière au Christ qui vit en elle, au point de réformer son Ordre en 1562 en fondant le petit Carmel « déchaussé » de San José d’Avila.

Tout y est conçu pour favoriser le recueillement et où solitude et vie fraternelle très simple, en petit nombre, s’équilibrent et s’appellent mutuellement. Elle découvre aussi, de plus en plus, la puissance d’intercession de la prière : en ces temps de guerres de Religion (elle entend parler surtout des atrocités et des profanations qui se commettent en France) c’est sa façon, à elle et à ses filles, d’aider l’Eglise, ses prêtres, les pêcheurs et les âmes du purgatoire.

En 1565, un religieux franciscain de retour des Indes occidentales (l’Empire que l’Espagne vient d’ériger en Amérique latine, et où tous les frères de Thérèse sont partis tenter leur chance) vient lui parler de « ces millions d’âmes qui se perdent là-bas ». Ces âmes pour lesquelles le Christ a donné son sang ! Alors Thérèse de Ahumada, devenue entre-temps Thérèse de Jésus, n’y tient plus. Ce n’est plus un seul petit couvent réformé qu’il faut : elle va fonder à travers l’Espagne seize carmels où les sœurs veilleront auprès du tabernacle pour les besoins de ce « monde en feu » qui espère la Miséricorde du Seigneur sur toutes ses blessures.

Et dans son ardeur, elle convainc Jean de la Croix de réformer la branche masculine de l’Ordre, allant jusqu’à dire : « Je comprenais que le Seigneur m’avait fait là une grâce bien plus grande qu’en m’accordant de fonder des monastères de religieuses. » (Fondations 14, 12)

Elle rédige plusieurs ouvrages où, à travers le témoignage de son expérience spirituelle, elle livre de précieux enseignements sur l’oraison et la vie mystique.

Parvenue aux plus hauts sommets de l’union à Dieu, et épuisée par l’œuvre colossale des fondations et les contradictions de toutes sortes, Thérèse peut enfin rejoindre son Seigneur : elle s’éteint en 1582 au carmel d’Alba de Tormes. Rapidement, sa sainteté va rayonner au-delà des frontières espagnoles. Dès 1604, des carmels thérésiens sont fondés en France, puis en Flandres et s’étendront ensuite au monde entier, sur tous les continents.

Ces foyers de prière fidèles au charisme donné par Dieu à sainte Thérèse porteront de nombreux fruits de sainteté à travers les siècles : sainte Thérèse de l’Enfant Jésus, bienheureuse Elisabeth de la Trinité, bienheureuse Marie de Jésus Crucifié, sainte Thérèse des Andes, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, frère Laurent de la Résurrection et tant d’autres…

Canonisée dès 1622, sainte Thérèse de Jésus fut, en 1970, la première femme proclamée Docteur de l’Eglise.

NOUVEAU ET A VENIR
Tous les dimanches, l'accueil et la boutique du monastère sont fermés à partir de 12h.

 

Chroniques du Carmel

Chroniques de l’année 2016

Une année placée sous le signe de la Miséricorde «Voici cette année qui va s'abîmer dans le gouffre où toutes les autres se sont à présent anéanties.» Mais avant qu'elle ne s'enfonce définitivement dans ce gouffre, comme le dit si bien saint François de Sales, en voici les principaux événements.

> Voir toutes les chroniques