Le Carmel de Vinça

Témoignages

Témoignage de Soeur Marie de l'Amour de Dieu

 

A l'occasion de sa Profession Solennelle

Le 14 août 2016 au Carmel de la Sainte Famille de Vinça

Ce dimanche matin, 14 août 2016, en ouvrant les volets, je vois devant ma fenêtre une tourterelle qui se promène sur une branche du grand pin. En ajustant pour la dernière fois mon voile blanc, je me réjouis de cette visite matinale en me disant que cette journée qui commence si romantiquement promet d’être belle! Et elle l’a été.

Après le petit déjeuner et l’office des Laudes, nous répétons une dernière fois la messe avec nos amis les familles Andrieu et Tufféry qui nous ont fait la joie d’accepter d’animer la cérémonie de ma Profession Solennelle! Piano pour Pierre-Roger, flute traversière pour Marie, chant pour tous (mais soulignons la participation merveilleuse de Marie-Cécile et Grégoire qui interviennent avec leur simplicité et leur pureté d’enfants) et animation par notre chère Jeanne-Marie, dont nous connaissions davantage les dons de professeur de droit canonique mais qui a mené l’assemblée de main de maître! Outre la participation musicale, toute la famille a aussi participé à la mise en place des chaises, la distribution des programmes, la décoration, les photos… La réussite de la journée leur est due en grande partie!

Puis ma famille arrive et nous avons un bon parloir jusqu’à midi. Chacun part ensuite déjeuner de son côté: les familles et quelques amis au restaurant du village et moi, au réfectoire avec mes sœurs qui ont mis les petits plats dans les grands! Elles ont trouvé de gros nœuds blancs, ont fait des petits bouquets pour les tables: tout est bien décoré! Nous profitons bien de ce moment fraternel puisque nous nous doutons que l’après-midi sera bien occupé!

En effet, ma famille revient après le restaurant: tous ceux qui pouvaient venir sont là, sauf Maman qui n’a pas souhaité assister à ma consécration définitive… Il faut dire que je viens d’une famille qui ne croit pas en Dieu…

Peu avant la messe, les miens vont s’installer à la chapelle magnifiquement ornée de fleurs blanches offertes par nos amis de Vinça tandis que Notre Mère et moi quittons la clôture (comme c’est la coutume pour la Profession Solennelle) afin de rejoindre la procession des prêtres qui se prépare dans la cour de la chapelle. En plus de Monseigneur Turini, notre évêque, ils sont quatorze, dont le prêtre qui m’a baptisée, donné la première communion et qui était également là pour ma confirmation!

Quinze heure trente: nous y voilà, et la procession s’ébranle au chant du Jubilé de la Miséricorde: Misericordes sicut Pater (Miséricordieux comme le Père). Tous les visages se retournent sur notre passage et je n’ai pas assez d’yeux pour regarder tout le monde et pour leur sourire… Avec Notre Mère, nous gagnons nos chaises, placées juste en haut des marches du Sanctuaire. C’est le Frère Gabriel de la Trinité, carme originaire du diocèse qui fait la première lecture (Osée: «Mon épouse infidèle, je la conduirai au désert et je parlerai à son cœur…») et Hélène, notre amie doreuse sur bois qui fait la seconde (l’hymne à l’Amour de Saint Paul). Marie-Cécile Andrieu chante le refrain du Psaume avec une voix d’ange et Sœur Marie-Roxane chante les versets du Psaume44 : «Ecoute, ma fille… le roi sera séduit par ta beauté…». L’Evangile du quinze août (Visitation et Magnificat) est proclamé par notre ami diacre de Prades Pascal Buzenac.

Après cette lecture, l’appel de la professe ouvre la partie propre de la profession: quelle joie de pouvoir reprendre à mon compte les mots du prophète Samuel: «Tu m’as appelée, Seigneur, me voici»! Dans son homélie, Monseigneur nous raconte que l’appel à la vie religieuse est une histoire d’amour et que «Dieu est un amoureux»! La litanie des saints est le moment qui me marque le plus: prostrée les bras en croix sur le sol devant l’autel pendant que notre ami le Père Jean-Marcel chante, je me donne toute entière et porte au Seigneur toutes les intentions, et particulièrement celles que l’on m’a confié puis me laisse prendre par l’intensité du moment! Vient ensuite le moment de l’Acte de Profession entre les mains de Notre Mère suivi d’un chant que j’interprète accompagnée par Pierre-Roger au piano et soutenu par Marie et Marie-Cécile au cas où l’émotion m’envahirait trop… C’est Marie-Cécile et ma jeune cousine Johanna qui apportent le voile noir que Notre Mère me remet. Le petit Grégoire et sa chère cousine chantent: «Mon Père, je m’abandonne à toi…» tandis que j’embrasse ma communauté avec laquelle j’ai désormais «tout en commun» comme me le déclare Notre Mère. Ainsi se clôture la partie propre de la profession.

Ma Marraine joue un morceau de harpe pour l’offertoire tandis que j’apporte les oblats en signe de mon Offrande au Seigneur. Pour la communion nous chantons «Vivre d’Amour», un magnifique poème de Sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus mis en musique par le Père Lemoine. Après la bénédiction finale et le chant à Marie («Nous te saluons…»), Grégoire apporte une jolie couronne de fleurs que Notre Mère me met sur la tête: signe que maintenant, je suis l’épouse du Roi des rois.








Les personnes se pressent ensuite pour me féliciter et m’embrasser et c’est un intense moment de partage, de rencontre, de joie… Peu à peu je réussis à m’acheminer vers le parloir ou ma famille m’attend. Après un moment privilégié, ils partent vers la petite maison prêtée par une amie du village pour les loger car il se fait tard… Et je retrouve enfin ma communauté… Voilà, tout est fini! Et la vie ordinaire d’une carmélite commence pour moi: prière et vie fraternelle, travail, silence… et amour surtout!

Sœur Marie de l’Amour de Dieu, o.c.d.

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Témoignage de Soeur Catherine


Un témoignage qui m'est demandé...peut-être parce que dans quelques mois je fêterai, sans trop de bruit j'espère!, mon jubilé d'argent (25ans de Profession). A cette étape de sa vie, et de sa vie religieuse, on commence à réfléchir sur le chemin parcouru...

Il semble qu'en répondant à l'appel de Dieu en entrant dans cette vie que la géniale Thérèse d'Avila a bâtie pour nous, j'ai réalisé, oh bien imparfaitement (sinon je serai déjà morte comme sainte Thérèse de l’Enfant Jésus à 24 ans, qui a brûlé par son intensité d’amour toutes les étapes de son existence) tout ce pourquoi j'ai été créée...

Il me revient à l'instant cette finale presque invariable des contes que l'on trouvait encore très communément dans les bibliothèques familiales de mon enfance, où il était question d'un Prince charmant et d'une bergère:«ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants».

Eh bien, c'est le Fils du Roi des rois qui m'a prise pour épouse: combien j'aurais été sotte de Le refuser! Ce qui paraissait un choix merveilleux mais coûteux se révèle avec le temps la voie la plus sûre de bonheur …

Des enfants...il est vrai qu'une carmélite ne connaîtra qu'au ciel ceux qu'elle a enfantés par sa prière et sa vie donnée, au jour le jour. Notre Mère sainte Thérèse assure qu’on ne va jamais seul au Paradis. Elle se serait d’ailleurs estimée très bien«payée» si elle avait été l’occasion, ne fusse que pour une seule âme, de quelques louanges à Dieu.

C’est donc à Lui de décider si j’aurai un, deux,…combien d’enfants. En amour d’ailleurs, quand on commence à compter… Mais dès ici-bas, je constate que mon horizon de cloîtrée est bien plus vaste et plus divers que ce qu'il aurait été en restant «dans le monde», où, souvent, nous ne connaissons que des gens un peu semblables à nous.

Il est évident que je n’avais pas pensé à cela en entrant au Carmel …mais Dieu nous donne, après quelques renoncements, tellement plus même sur le plan humain! Il nous connaît bien mieux que nous-mêmes!

Oui, béni soit Dieu qui m'a appelée, qui m'a donnée aussi la grâce de Lui répondre!


Sr Catherine de l’Espérance
Carmel de Vinça




NOUVEAU ET A VENIR
Tous les dimanches, l'accueil et la boutique du monastère sont fermés à partir de 12h.

 

Chroniques du Carmel

Chroniques de l’année 2016

Une année placée sous le signe de la Miséricorde «Voici cette année qui va s'abîmer dans le gouffre où toutes les autres se sont à présent anéanties.» Mais avant qu'elle ne s'enfonce définitivement dans ce gouffre, comme le dit si bien saint François de Sales, en voici les principaux événements.

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