Le Carmel de Vinça

Conférences


Dans cette nouvelle rubrique, vous pourrez consultez les conférences données à la Chapelle du Carmel en diverses occasions.


Conférences de Carême 2016

Les conférences de Carême 2016 ont été données par le Père Etienne Lafaye, actuel aumônier du Carmel, dans le cadre du Jubilé de la Miséricorde.

Ces conférences se composent de 5 enseignements ainsi que d'un témoignage vidéo.


Première conférence :

Jésus Christ, vrai visage de la Miséricorde du Père

 

En cette année de la Miséricorde, nous sommes invités à méditer sur la Miséricorde infinie de notre Père des Cieux, à faire l’expérience de cette miséricorde… à en témoigner, à en vivre… Mais comment cela est-il possible, si ce n’est en contemplantcelui qui est le vrai visage de la Miséricorde du Père: Jésus!

Ceci dit, qu’est-ce que la Miséricorde? Selon l’étymologie latine du mot, c’est un cœur qui a pitié… Et selon un découpage imagé du mot (misère et corde), c’est une cordequi nous est lancée pour nous tirer de notre misère!

La Miséricorde n’est pas un attribut qui serait extérieur à Dieu… Il est Miséricorde. Saint Paul nous dit même que «Dieu est riche en miséricorde»… Et St Thomas d’Aquin : «La miséricorde est le propre de Dieu dont la toute puissance consiste justement à faire miséricorde» (ST IIa-IIae, q. 30, a. 4).

C’est ainsi que notre pape François, dans la bulle d’indiction (= promulgation) de cette année de la Miséricorde écrit : «Miséricorde est le mot qui révèle le mystère de la Sainte Trinité. La Miséricorde, c’est l’acte ultime et suprême par lequel Dieu vient à noter rencontre» (Indiction 1)

Dieu a pitié de l’homme pécheur. Il ne peut pas abandonner celui qui a été créé à son image et à sa ressemblance et le laisser errer loin de Lui dans la misère. Toute l’Histoire du salut est une très belle illustration de cette Miséricorde… Sans cesse, Dieu vient au secours de la misère de son peuple pour lui offrir le Salut ! Il est l’Epoux fidèle qui a scellé une Alliance d’amour avec l’homme. C’est ainsi que le Dieu révélé dans l’AT se manifeste comme un Dieu dont le Cœur est bouleversé par notre misère et qui est sans cesse à notre recherche.

Il est d’ailleurs le seul miséricordieux… David, après son péché, l’avait bien compris: «mieux vaut tomber entre les mains de Dieu qu’entre les mains des hommes, car sa miséricorde est inépuisable». C’est ainsi que Jésus nous exhorte à être miséricordieux comme le Père: expression choisie par notre pape François comme devise de cette année sainte.

Pour cela, il nous faut contempler la Miséricorde du Père… et c’est essentiellement par et en Jésus que nous pourrons la découvrir… car selon l’épître aux Colossiens, «il est l’image du Dieu invisible». Ce qui fait dire à Jésus: «Qui me voit, voit le Père». Oui, Jésus est bien le vrai visage de la Miséricorde du Père!

 

Dans l’Ancien Testament…

Ceci dit, commençons par une petite visite dans l’Ancien Testament…

A Moïse, Le Seigneur révèle son nom comme «Dieu tendre et miséricordieux, lent à la colère, plein d’amour et de vérité» (Ex 34, 6)

«Patient et miséricordieux» est le binôme qui parcourt l’Ancien Testament pour exprimer la nature de Dieu. Sa miséricorde se manifeste concrètement de l’intérieur à travers toute l’histoire du salut où sa bonté prend le pas sur la punition ou la destruction.

Les Psaumesfont apparaître cette grandeur de Dieu: «car il pardonne toutes tes offenses et te guérit de toute maladie; il réclame ta vie à la tombe et te couronne d’amour et de tendresse» (Ps 102, 3-4) ou encore avec le psaume 145: «Il fait justice aux opprimés; aux affamés, il donne le pain; le Seigneur délie les enchaînés. Il ouvre les yeux des aveugles, le Seigneur redresse les accablés, le Seigneur aime les justes, le Seigneur protège l’étranger. Il soutient la veuve et l’orphelin, il égare les pas du méchant» (Ps 145, 7-9). La Miséricorde n’est donc pas une idée abstraite mais concrète à travers laquelle il révèle son amour comme celui d’un père et d’une mère qui se laissent émouvoir au plus profond d’eux-mêmespar leur fils. Une parole naïve d’un enfant au caté est très juste: «Dieu, c’est un papa qui aime comme une maman».

 

Oui, Dieu a compassion de son peuple. Je voudrais simplement vous lire 2 passages de l’Ancien Testament qui sont très significatif.

Tout d’abord, un passage du prophète Isaïe

Is 54, 5-10: «Ton créateur est ton époux, le saint d’Israël est ton rédempteur. Comme une femme délaissée et accablée, le Seigneur t’a appelé, comme la femme de sa jeunesse qui aurait été répudiée. Un court instant, je t’avais délaissé, ému d’une immense pitié, je vais t’unir à moi. Débordant de fureur, un instant je t’avais caché ma face, mais dans un amour éternel, j’ai eu pitié de toi, dit le Seigneur ton rédempteur. Les montagnes peuvent s’écarter, les collines chanceler, mon amour ne s’écartera pas de toi, mon alliance de paix ne chancellera pas, dit le Seigneur qui te console.»

A ces paroles, nous pouvons y associer ces autres paroles du Seigneur au prophète Osée: «mon épouse infidèle…, je vais te conduire au désert et parler à ton cœur. Je te fiancerai à moi pour toujours; je te fiancerai dans la justice et dans le droit, dans la tendresse et dans l’amour; je te fiancerai à moi dans la fidélité, et tu connaitras le Seigneur».

Enfin cet autre passage du prophète Osée:

Osée 11, 1-9: «Quand Israël était jeune, je l’aimais et d’Egypte, j’ai appelé mon fils, mais plus on les appelait, plus ils s’écartaient; aux baals, ils sacrifiaient, aux idoles, ils brûlaient de l’encens. […] Mais comment t’abandonnerais-je Ephraïm, comment te livrerais-je, Israël? Car mon cœur en moi est bouleversé et toutes mes entrailles frémissent. Je ne donnerai pas cours à l’ardeur de ma colère. Je ne détruirais pas à nouveau Ephraïm, car je suis Dieu et non pas homme. Au milieu de toi, je suis le Seigneur et je ne viendrais pas avec fureur.»

 

Saint Jean-Paul II résume très bien dans sa deuxième Encyclique (Dives in misericordia) ce que l’AT nous révèle de la Miséricorde du Cœur de notre Dieu: Ainsi, en actes comme en paroles, le Seigneur a-t-il révélé sa miséricorde dès les origines du peuple qu'il s'est choisi, et, tout au long de son histoire, ce peuple s'en est continuellement remis, dans ses malheurs comme dans la prise de conscience de son péché, au Dieu des miséricordes. Toutes les nuances de l'amour se manifestent dans la miséricorde du Seigneur envers les siens: il est leur Père, puisqu'Israël est son fils premier-né ; il est aussi l'époux de celle à qui le prophète annonce un nom nouveau : «bien-aimée», parce que miséricorde lui sera faite. Même quand, excédé par l'infidélité de son peuple, le Seigneur envisage d'en finir avec lui, c'est encore sa tendresse et son amour généreux pour les siens qui l'emportent sur sa colère. On comprend alors pourquoi, quand les psalmistes cherchèrent à chanter les plus hautes louanges du Seigneur, ils entonnèrent des hymnes au Dieu d'amour, de tendresse, de miséricorde et de fidélité.

 

Jésus, vrai visage de la Miséricorde du Père

Mais si nous voulons découvrir le vrai visage de la Miséricorde du Père, il nous faut contempler Jésus, image, expression parfaite du Père... « Jésus-Christ est le visage de la miséricorde du Père. Le mystère de la foi chrétienne est là tout entier. Devenue vivante et visible, elle atteint son sommet en Jésus de Nazareth. » Voilà les premiers mots de notre Pape François pour annoncer l’année jubilaire de la miséricorde. Joseph Ratzinger disait la même chose dans l’homélie de la messe d’entrée en conclave le 18 avril 2005: « Jésus Christ est la miséricorde divine en personne : rencontrer le Christ signifie rencontrer la miséricorde de Dieu. ».

Alors, d’une manière toute simple, ouvrons l’Évangile et regardons Jésus. « Qui me voit voit le Père » (Jn 14, 9).

 

1. Les paroles de Jésus sur la miséricorde

Commençons par évoquer des paroles de Jésus, particulièrement significatives, sur la miséricorde, en mentionnant certaines paraboles. Jésus n’a de cesse de nous révéler qui est le Père, quelles est sa bonté, sa miséricorde

1. Les paraboles

Nombre de paraboles de Jésus ont trait à la miséricorde, ainsi qu’à la manière de la comprendre et de l’appliquer. Nous en citerons trois.

La première est celle du Bon Samaritain (cf. Lc 10, 25-37). Elle se conclut par cette question de Jésus au docteur de la Loi : « Lequel, à ton avis, a été le prochain de l’homme tombé aux mains des bandits ? Il répondit : celui qui a fait preuve de miséricorde envers lui. » Relevons la bonté de ce Samaritain, un étranger en voyage, qui est « saisi aux entrailles » devant l’homme blessé. Cette bonté fait qu’il refuse de laisser cet homme dans sa déchéance, dans ses blessures. Et il va verser sur ses plaies de l’huile et du vin. Ainsi, sa miséricorde se penche, prend sur lui le blessé, paie lui-même pour sa guérison, et soigne (il n’accepte pas la blessure). Mais n’est-ce pas, in fine,l’histoire de Jésus, descendu de la Jérusalem céleste dans les profondeurs de notre terre (symbolisée par Jéricho, 300 mètres sous le niveau de la terre, région la plus basse de la planète) pour panser nos blessures.

Une autre parabole : celle du débiteur impitoyable (cf. Mt 18, 23-35). Jésus se sert d’une histoire abracadabrante, tout à fait invraisemblable, pour nous montrer l’abondance de la miséricorde de Dieu envers nous : un serviteur a envers son maître une dette de 10 000 talents, soit 60 millions de pièces d’argent, soit 60 millions de journées de travail (165 000 années de salaire). Le maître remet à son serviteur sa dette, purement et simplement. C’est dire l’immensité infinie de la miséricorde de Dieu ! Mais le serviteur en question refuse ensuite de remettre à son tour une dette de 100 pièces d’argent qu’un de ses amis lui devait… Nous avons alors cette conclusion: « Dans sa colère, son maître le livra aux bourreaux, en attendant qu'il eût remboursé tout ce qu'il lui devait. C'est ainsi que mon Père céleste vous traitera, si chacun de vous ne pardonne pas à son frère du fond du coeur. » Cette parabole nous montre l’infinie miséricorde du Cœur du maître mais en même temps, elle n’est pas une bonté molle. La miséricorde, si elle est toute puissante, elle ne se moque pas de la justice.

Enfin, on ne peut pas ne pas mentionner la parabole de l’enfant prodigue. Une des plus belles pages de l’évangile. Le fils qui part d’une manière si sèche et ingrate : « Donne-moi la part d’héritage qui me revient. » Qui s’en va loin. Qui dépense tout son bien avec des prostituées. Et qui est dans une telle déchéance qu’il aimerait pouvoir prendre la nourriture des cochons. Il est plus bas qu’eux… Mais il a sa conscience, et il retourne en lui-même pour faire la vérité : « J’ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d’être appelé ton fils.». Regardons alors le Père l’attend et ne le laisse pas terminer sa phrase. Aucune condition dans son accueil (qui suit pourtant, c’est évident, un long temps de souffrance), mais la joie, la fête, l’accueil devant la démarche de ce fils qui reconnaît son péché et a décidé de le laisser derrière lui. Ainsi il l’embrasse, lui remet l’anneau, les vêtements de fête, et tue le veau gras. Quel témoignage émouvant du Père qui nous attend, quoi que nous ayons fait, pour nous rendre notre dignité de fils. Pourvu que nous reconnaissions notre péché et prenions le chemin du retour…

 

2. L’enseignement de Jésus sur la miséricorde

De très nombreuses paroles de Jésus mettent en lumière la miséricorde du Père, qu’il est venu porter au monde et accomplir ; ainsi qu’une exhortation à exercer nous-mêmes la miséricorde si nous voulons la recevoir nous-mêmes. Juste avant la parabole du débiteur impitoyable, Pierre (qui pose toujours de bonnes questions !) demande à Jésus : « "Seigneur, quand mon frère commettra une faute à mon égard, combien de fois lui pardonnerai-je ? Jusqu'à sept fois ?" Jésus lui dit : " Je ne te dis pas jusqu'à sept fois, mais jusqu'à soixante-dix fois sept fois » (Mt 18, 21-22). Si donc nous voulons bénéficier de la miséricorde infinie de Dieu, nous devons nous-mêmes la pratiquer… C’est une condition qui revient souvent dans les paroles de Jésus : « Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux » (Lc 6, 36). « Bienheureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde » (Mt 5, 7). « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi… » (cf. Mt 6, 12). « La mesure dont vous vous servez pour les autres servira aussi pour vous » (Lc 6, 38). Ainsi nous découvrons que si cette miséricorde est infinie et merveilleuse, elle est aussi exigeante. Nous devons l’exercer nous-mêmes, et nous en sentons le prix. Mais Dieu lui aussi n’a-t-il pas payé le prix pour nous, en Jésus…? et quel prix… celui de la passion et de la mort sur la Croix.

Arrêtons-nous sur une autre parole de Jésus, qui a scandalisé les pharisiens. Jésus dit : « Les publicains et les prostituées vous précèdent dans le Royaume de Dieu. Car Jean le Baptiste est venu à vous sur le chemin de la justice, et vous n’avez pas cru à sa parole ; mais les publicains et les prostituées y ont cru. Tandis que vous, après avoir vu cela, vous ne vous êtes même pas repentis plus tard pour croire à sa parole » (Mt 21, 31-32). Regardons cette bonté de Jésus qui accueille les pécheurs repentants, quels qu’ils soient…

 

2-La miséricorde en actes

Jésus ne s’est évidemment pas contenté de parler de la miséricorde, ni de nous y exhorter. Mais il l’a vécue lui-même, comme en témoignent toutes ses actions, d’une manière ou d’une autre.

 

1. Les miracles

Les miracles sont accomplis pour guérir les corps. Et c’est là une preuve de miséricorde en elle-même. Mais dès l’un de ses premiers miracles, Jésus montre clairement qu’ils ont une signification plus profonde, parce que sa mission est de venir guérir les âmes en pardonnant les péchés.

Ainsi il dit au paralytique que l’on apporte auprès de lui : « Tes péchés sont pardonnés » (Mc 2, 5). Et à la fin il ajoute : « Pour que vous sachiez que le Fils de l'homme a, sur la terre, le pouvoir de remettre les péchés, – il dit au paralytique : Je te le dis : lève-toi, prends ton grabat et va dans ta maison. Et il se dressa et, ayant aussitôt pris son grabat, il sortit devant tout le monde » (Mc 2, 10-12). Les oeuvres de miséricorde corporelle de Jésus ont de l’importance, mais elles sont au service de sa miséricorde pour les âmes.

Mentionnons également l’extrême délicatesse de Jésus dans la manière d’exercer cette miséricorde, qui jamais n’écrase ou n’humilie, mais est attentive profondément aux personnes et à leurs besoins et conditions. Quelques brefs exemples :

- Quand une femme s’avance vers lui et le touche dans la foule qui le presse, Jésus se retourne et demande : « Qui m’a touché ? Et il regardait tout autour pour voir celle qui avait fait cela. » (Mc 5, 31-32). Il le sait bien. Mais il veut avec chacun un contact personnel, un regard, une rencontre… La Miséricorde ne peut être anonyme car elle est relation d’amour…

- Après avoir ressuscité le fils de la veuve de Naïm, devant la souffrance de laquelle Jésus a été « saisi aux entrailles », l’évangile nous précise : « Et Jésus le rendit à sa mère » (Lc 7, 15).

- Au père qui lui demande de guérir son fils malade, Jésus demande en s’intéressant : « Combien y a-t-il de temps que cela lui arrive ? » (Mc 9, 21).

- Après avoir ressuscité la fille de Jaïre, l’évangile nous signale ce détail : « puis il dit de lui donner à manger. » (Mc 5, 43).

 

2. Des rencontres de Jésus

Les rencontres de Jésus sont peut-être les passages les plus éloquents et les plus émouvants sur la miséricorde. On ne peut pas tout évoquer, hélas ! Mais prenons quelques rencontres particulièrement saisissantes de Jésus, que nous évoquons brièvement :

- L’appel de Matthieu le publicain (cf. Mt 8, 9-13) et le repas qui s’ensuit chez lui. Ce passage a beaucoup marqué le Pape François, et c’est d’un commentaire de cet épisode par saint Bède le Vénérable qu’il a tiré sa devise : Miserando atque eligendo (en faisant miséricorde et en appelant ; pardonné et appelé).

- La Samaritaine. C’est l’une des plus touchantes rencontres de Jésus, où l’on voit d’une manière incomparable son infinie délicatesse pour révéler la vérité sur le péché mais aussi sa miséricorde (cf. Jn 4, 1-42). Il commence par une demande : « Donne-moi à boire. » Puis il élève peu à peu cette femme vers une compréhension plus profonde, avant de lui demander : « Va chercher ton mari. » La femme répond : « "Je n'ai pas de mari." "Jésus lui dit : "Tu as raison de dire : "Je n'ai pas de mari"; tu en as eu cinq et l'homme que tu as maintenant n'est pas ton mari. En cela tu as dit vrai." » Il lui révèle donc la vérité sur sa situation morale, clairement, mais avec beaucoup de bonté. Elle accueillera Jésus, et le fera accueillir par toute la ville…

- La femme adultère (cf. Jn 8, 1-11). On connaît bien ce passage, ou Jésus montre une bonté si touchante. Il écrit sur le sol, laissant les accusateurs à leur coeur dur, et devant leurs propres péchés. Puis, à la fin, il se trouve seul en face d’elle : « Alors, se redressant, Jésus lui dit : "Femme, où sont-ils ? Personne ne t'a condamnée ?" Elle dit : "Personne, Seigneur." Alors Jésus dit : "Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, désormais ne pèche plus." » Jésus est vrai et miséricordieux. Il la renvoie pardonnée, et lui recommande de ne plus pécher.

Toutes ces paroles et ces rencontres sont bouleversantes, et témoignent de l’infinie miséricorde de Dieu. Elles révèlent la délicatesse, la bonté du cœur de Jésus pour qui chaque personne est unique et aimée…

 

Une limite à la Miséricorde?

Cependant, on ne peut cacher qu’il y a aussi dans l’évangile quelques paroles de Jésus qui semblent contredire cette miséricorde. On ne peut pas les omettre ni les cacher, car elles ont aussi quelque chose à nous dire sur la miséricorde de Dieu. Citons-en une ce soir… celle relative au blasphème contre l’Esprit Saint. Voici ce que dit Jésus : « Aussi je vous le dis, tout péché et blasphème sera remis aux hommes, mais le blasphème contre l'Esprit ne sera pas remis. Quiconque aura parlé contre l'Esprit Saint, cela ne lui sera remis ni en ce monde ni dans l'autre ». La Miséricorde serait-elle donc limitée? Qu’est-ce que ce blasphème, ce péché contre l’Esprit ? Dans son encyclique sur le Saint Esprit (1986), Jean-Paul II disait que ce péché « consiste à refuser de recevoir le salut que Dieu offre à l'homme par l'Esprit Saint agissant en vertu du sacrifice de la Croix. » Il est le refus de la rémission, le refus de la pénitence, le refus radical de se repentir. En d’autre terme, c’est le refus de la Miséricorde. Dieu laisse alors l’homme libre… La Miséricorde ne peut s’imposer… car elle est acte de libre amour.

 

Conclusion

En conclusion, nous devons nous arrêter sur le sommet de la miséricorde de Jésus : le Calvaire, sa Passion, sa mort sur la Croix pour nous sauver : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Lc 23, 34). Voilà, par excellence, l’oeuvre de sa miséricorde. Nous y voyons deux dimensions. La première, c’est ce que s’écrie Saint Paul : « Il m’a aimé, il s’est livré pour moi ! » (cf. Ga 2, 20). La seconde, c’est le sérieux, la gravité du péché. Qui peut, en regardant Jésus en croix, dire de son péché qu’il n’est pas grave ? Nous ne pouvons pas prendre à la légère une miséricorde qui a eu un tel prix. Nous ne pouvons pas penser que cette miséricorde nous dispense de sortir du péché, de nous convertir. Alors seulement sera vraie cette autre parole de Jésus: « Il y a de la joie au ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion » (Lc 15, 7).

Ainsi, au fil de l’Evangile, nous voyons Jésus répandre sa miséricorde. Nous voyons que Jésus va très loin vers le pécheur, mais ne se compromet jamais avec le péché qu’il appelle clairement par son nom. Sa miséricorde est infinie, mais elle est vraie.

Tout à l’heure, pendant notre temps d’adoration, nous contemplerons Jésus, nous nous efforcerons de découvrir en lui l’infinie richesse de la Miséricorde du Père, nous le laisserons déverser au plus profond de nos âmes ses flots d’amour miséricordieux…

Enfin, demandons à la Vierge Marie de comprendre et d’imiter cette miséricorde exercée par Jésus, elle qui a chanté les merveilles : « Sa miséricorde s’étend de génération en génération sur ceux qui le craignent… Il relève Israël son serviteur ; il se souvient de sa miséricorde»


Deuxième conférence : Jésus lance toujours ses appels à l'amour

Jésus lance toujours ses appels à l’amour. Le premier, St Jean en est l’apôtre et le chantre lorsqu’il proclame: Dieu est Amour! Tout au long des siècles, la Miséricorde du Seigneur a éclaté, a été chantée, a été accueillie… Mais c’est peut-être en notre 20ème siècle, que Jésus a voulu lancer un appel tout particulier de son cœur aimant… Pourquoi? Parce que le jansénisme avait réussi a inculqué la peur de Dieu plutôt que l’Amour et la confiance en la Miséricorde… parce que notre 20ème siècle a vu un déferlement des forces du mal à grande échelle: citons seulement ces 2 grandes idéologies qu’ont été le marxismeet le nazisme avec toute la barbarie qu’elles ont entrainées derrière elles!

Nous allons donc essayer de comprendre et de nous pénétrer un peu plus de cette Miséricorde infinie du Cœur de Jésus. Pour cela, après avoir, dimanche dernier, parcouru rapidement la Parole de Dieu qui est et reste la source de la Révélation de notre Dieu… nous pouvons aujourd’hui découvrir le rappel ou l’explicitation que Jésus lui-même a voulu nous donner au cours du 20ème siècle. Nous nous servirons des paroles même de Jésus : à Sœur Faustine tout d'abord puisqu'on peut dire qu'elle est à l'origine de la fête de la Miséricorde, mais aussi à deux autres religieuses moins connues car pas encore béatifiées même si leur procès est en cours : Sœur Bénigna Consolata et sœur Josefa Menendez.

Sainte Faustine est maintenant bien connue. C'est à cette humble religieuse polonaise, morte à Cracovie en 1938 que Jésus a demandé de propager la dévotion à sa Miséricorde et à qui il a aussi demandé de peindre une icône le représentant.

Je veux qu'il y ait une fête de la Miséricorde. Je veux que cette icône que tu peindras soit solennellement consacrée le dimanche après Pâques. Ce dimanche sera la fête de la Miséricorde.

Je désire que cette image sois vénéré dans votre chapelle, puis dans le monde entier. Je promets à ceux qui la vénéreront qu'ils ne périront pas. Je leur promets dès ce monde la victoire sur l'ennemi, mais surtout à l'heure de la mort. Je les défendrai moi-même, comme ma gloire.

Sœur Josefa Menendez est une humble religieuse coadjutrice de la Société du Sacré Cœur de Jésus. Josefa est née en 1890 à Madrid. En 1919, elle entre au Noviciat de Poitiers, après beaucoup d'hésitations à cause de difficultés pour quitter sa famille. Josefa dit alors sans hésiter le «oui» le plus généreux. Elle partit pour toujours de son Espagne natale et sa vie de religieuse sera très courte: à peine quatre années! Elle mourra à Poitiers le samedi 29 décembre 1923, à l’âge de 33 ans. Elle a laissé dans un livre: un appel à l’amour, les supplication que le cœur de Jésus lui a transmises…

Sœur Bénigna Consolata, quant à elle, est italienne. Jésus l'a appelé ma petite Secrétaire d'amour Jésus va ainsi la conduire jusqu'aux portes du monastère de la Visitation de Côme, en Lombardie où elle entre à l'âge de 22 ans. Là, Jésus va lui révéler toute la mission qu'il lui destine : être apôtre de sa miséricorde. Elle vivra pendant 9 ans, et fera tout son possible pour vivre et faire connaître cette volonté du divin Cœur de Jésus pour tous les hommes : croire à l'amour. C'est à l'âge de 31 ans, en 1916, qu'elle rejoindra son Seigneur.

La Miséricorde : la plus grand attribut divin.

De tous les attributs divins, il semble bien que le plus grand soit la Miséricorde divine. En tout cas pour nos regards humains, c'est bien là l'œuvre la plus extraordinaire : notre Dieu est prêt à pardonner et à combler de grâces les hommes alors que ces derniers ne cessent de l'offenser, de l'oublier. Tout au long de ses confidences, Jésus ne cesse de montrer cet Amour infini, sa soif des âmes.

Pour faire comprendre aux hommes qu'il n'est que Bonté et Miséricorde, voici ce qu'il disait à sœur Bénigna : Dire Jésus et dire miséricorde, c'est la même chose ; dire Jésus et dire bonté, c'est la même chose ; dire Jésus et dire tendresse, c'est la même chose ; dire Jésus et dire compassion, c'est dire la même chose. Jésus s'identifie à la miséricorde si bien que douter de sa miséricorde, de sa bonté, de son Amour pour les hommes est la plus grande offense qu'on puisse lui faire : la principale chose que je désire faire connaître, c'est que je suis tout amour; la plus grande peine qu'on puisse me faire, c'est de douter de ma bonté.

C'est maintenant le temps de la Miséricorde nous dit Jésus, il ne faut pas le laisser passer mais en profiter au maximum. Il disait à sainte Faustine : Pour châtier, j'ai toute l'éternité : maintenant, je prolonge le temps de la miséricorde. De toutes mes plaies, mais surtout de mon cœur, coulent des flots d'amour. Parle au monde entier de ma Miséricorde. Comprenons bien cette appel de Jésus et n'attendons pas qu'il soit trop tard pour nous tourner avec confiance vers ce cœur si aimant. Ne repoussons pas à plus tard : ce pourrait être trop tard !

Jésus mendiant d'amour

Jésus lance ses appels à l'Amour sans se lasser, il invite toutes les âmes à venir se réfugier auprès de son Divin Cœur assoiffée de l'amour des hommes. Le contenu des messages de Jésusà Sœur Joséfa pourrait d'ailleurs se résumer ainsi : faire connaître au monde l’ardente soif de son Cœur. Voici entre autre ce que notre Seigneur lui disait : Le monde ne connaît pas la Miséricorde de mon Cœur! Je veux me servir de toi pour la faire connaître… Je te veux apôtre de ma Bonté et de ma Miséricorde.Je veux que le monde connaisse (mon Cœur). Je veux que l’on sache mon Amour. Les hommes savent-ils ce que J’ai fait pour eux? J’adresse mon appel à tous: aux âmes consacrées et à celles du monde, aux justes et aux pécheurs, aux savants et aux ignorants, à ceux qui commandent et à ceux qui obéissent. A tous, Je viens dire: si vous voulez le bonheur, Je le suis. Si vous cherchez la richesse, Je suis la Richesse infinie. Si vous désirez la paix, Je suis la Paix. Je suis la Miséricorde et l’Amour! Je veux être le Roi!

Jésus a faim, a soif des âmes. Il attend chacune d'elles pour déverser en chacune ses grâces de pardon et de Miséricorde, mais combien répondent ? Voici ce qu'il disait encore à Sœur Josepha : Je cours à la poursuite des pécheurs comme la justice à celle des criminels. Mais la justice les cherche pour les châtier et, Moi, pour leur pardonner! Et il poursuit une autre fois : Il y en a beaucoup qui croient en Moi, mais peu qui croient en mon Amour et parmi celles qui croient à mon Amour, trop peu qui comptent sur la Miséricorde. Beaucoup Me connaissent comme Dieu, mais peu se confient en Moi comme Père».

Dans son amour insatiable pour tous les hommes, le cœur de Jésus ne se lasse pas de lancer ses appels à l'Amour. Et à tout moment, sans cesse, il presse les hommes à répondre à ses appels. Ô ! Si les hommes savaient combien je les aime et comme mon Cœur jouit lorsqu'on croit à mon amour ! On y croit trop peu, on y croit trop peu, trop peu... Comment rester insensible à de tels soupirs de notre Sauveur ?

Répondrons-nous aux appels que Jésus nous lance ? C'est la liberté de chacun ! Mais cette petite liberté qu'il laisse à l'homme, combien elle peut réjouir ou attrister le Cœur de notre Dieu ! Ce qui me fait le plus de peine, disait un jour Jésus à sœur Bénigna, c'est de voir l'indifférence qu'on a pour moi ... On me hait.... on me fuit comme on fuirait un malfaiteur, moi qui ne demande qu'à combler les âmes de mes bienfaits ; mais je ne le puis, parce qu'on ne veut pas... J'ai soif de l'amour de mes créatures. Les Séraphins m'aiment ardemment, les Saints aussi, et leur amour est pur et parfait. J'ai beaucoup d'amour au ciel, mais je viens encore en chercher sur la terre, parce que, sur le terre, l'amour est libre...

Quelles sont les conditions ? Elles sont simples ! Jésus ne demande qu'une chose : que l'on s'ouvre à son Cœur, que l'on ne doute pas de son Amour mais que l'on croit à l'Amour. Si une âme est alors dans de tels sentiments, Jésus peut faire des merveilles en elle. Voici encore ce qu'Il disait à sa petite messagère : Je puis en un moment réparer tout le passé d'une âme pourvu que cette âme me traite en Dieu, c'est-à-dire qu'elle ne borne pas ma bonté par sa méfiance, qu'elle ne resserre pas ma miséricorde avec ses angoisses, qu'elle ne mesure pas mon amour au sien. Dans une âme complètement abandonnée, Jésus peut exercer pleinement sa bonté, sa miséricorde. Jésus se plaît à se révéler ainsi, tout aimant, d'un amour fou pour les hommes, et Il cherche des âmes qui acceptent son Amour, des âmes qui veulent bien l'accueillir en elles. Il se fait mendiant d'amour. Laisserons-nous Jésus mendier en vain ?

Jésus recherche particulièrement les pécheurs

S'il est vrai que Jésus recherche des âmes qui correspondent à son Amour, des âmes où il puisse se reposer, il recherche tout spécialement les pécheurs. La parabole de l'Enfant prodigue ou de la brebis égaré en sont des exemples très éloquents. Mais ces appels vibrants le sont peut-être encore plus. Il nous vont droit au cœur. Voici ce qu'il disait à sainte Faustine : Je veux que les prêtres proclament ma très grande Miséricorde. Je veux que les pécheurs m'approchent sans crainte d'aucune sorte ! l'âme fût-elle comme un cadavre en pleine putréfaction, n'y eût-il plus, humainement, aucun remède, il n'en est pas ainsi devant Dieu! Les flammes de ma Miséricorde me consument. Je suis pressé de les déverser sur les âmes. Je suis tout Amour et toute Miséricorde. Une âme qui se fie à moi est bienheureuse, car moi-même je prends soin d'elle. Aucun péché, fût-il un abîme d'abjection, n'épuisera ma Miséricorde, car plus on y puise et plus elle augmente. Je suis plus libéral pour les pécheurs que pour les justes. C'est pour eux que je suis descendu sur cette terre. C'est pour eux que j'ai versé tout mon sang. Qu'ils ne craignent donc pas de m'approcher !

Et Jésus nous appelle à être des témoins de sa Miséricorde auprès des âmes tombées, auprès des âmes qui ont le plus besoin de sa Miséricorde : Ce n’est pas le péché qui blesse le plus mon Cœur… Ce qui le déchire, c’est que les âmes ne viennent pas se réfugier en moi après l’avoir commis. Oui, je désire pardonner et je veux que mes âmes choisies fassent connaître au monde comment mon Cœur débordant d’Amour et de Miséricorde attend les pécheurs.

Nécessité de la conversion et du repentir

Jésus est prêt faire miséricorde aux hommes mais il laisse libre, il ne veut pas pardonner malgré nous. Il propose son Amour infini et attend patiemment notre réponse. Il disait à sœur Bénigna :Je puis en un moment réparer tout le passé d'une âme pourvu que cette âme me traite en Dieu, c'est-à-dire qu'elle ne borne pas ma bonté par sa méfiance, qu'elle ne resserre pas ma miséricorde avec ses angoisses, qu'elle ne mesure pas mon amour au sien.

Ce Cœur de Jésus très proche de chacun de nous, très bon et très miséricordieux pour tous, est là et Il attend malgré toutes nos misères un regard, une prière, une main tendue vers Lui, un cœur ouvert. Si les hommes savaient combien je les aime et comme mon Cœur jouit lorsqu'on croit à mon amour ! Les péchés peuvent être énormes et nombreux, mais pourvu qu'on revienne à Moi, je suis toujours prêt à tout pardonner, à tout oublier. Je fais mes chefs-d'œuvre avec les sujets les plus misérables pourvu qu'ils me laissent faire. Jésus, dans sa grande miséricorde, est donc non seulement toujours prêt à pardonner, mais il trouve sa joie dans le pécheur repentant. Seulement il faut que l'homme fasse le pas, qu'il se décide à croire à son amour, qu'il le laisse agir, qu'ils ouvrent son cœur en grand à son action. Dans une âme ainsi disposée, Jésus peut alors faire des merveilles : il peut complètement la transformer, la renouveler. C'est ce qu'il faisait comprendre à sœur Josepha lorsqu'il lui disait : Je suis Saint et le moindre péché me fait horreur. Mais lorsque les pécheurs se repentent, ma Miséricorde est sans limite. Je les traque de ma Miséricorde sur tous les chemins de leur vie. Lorsqu'ils reviennent à moi, j'oublie toute amertume et je me réjouis de leur retour. Dis-leur que je ne cesse de les attendre ! Je suis aux écoutes de leurs cœurs pour capter le moindre battement qui soit pour moi !

Jésus se plait véritablement lorsqu'il peut pleinement exercer sa fonction de sauveur, lorsqu'il trouve des âmes toutes disposés à se laisser purifier et renouveler. Il disait à sœur Bénigna : Je ne me lasse pas de voir des misères pourvu que je trouve de la bonne volonté. Mon amour se nourrit en consumant les misères ; l'âme qui m'en apporte le plus,si son Cœur est contrit et humilié, est celle qui me plaît davantage, parce qu'elle me donne ainsi l'occasion d'exercer plus pleinement mon office de Sauveur.

Jésus demande une réelle conversion, un repentir sincère. Cependanr s'il demande un repentir sincère, une reconnaissance de son péché, il ne veut pas de repli sur soi, de découragement devant sa faiblesse. Il attend de nous la même décision énergique que sainte Thérèse de l'Enfant Jésus : "Je ne me découragerai jamais". C'est ainsi qu'un jour où sœur Bénigna était plongée dans la considération de sa misère, Jésus lui dit suavement : Vends tes misères à ma Miséricorde. Vends-les Moi ! Je te les paierai avec de l'amour. Jésus nous invite à lui offrir ainsi toutes nos misères pour qu'il puisse les consumer. Plus question de revenir en arrière, Jésus a tout pris, tout consumé, tout purifié au feu de son Amour et alors l'âme devient libre et peut voler vers son divin Cœur.

Confiance et Abandon

Cette Miséricorde, nous dit Jésus, est à prêcher à tous, à temps et à contretemps. Car si l'on fait lever la pleine confiance dans les âmes, alors on leur donne des ailes.

La Confiance : voilà le mot-clef. Cette réponse que Jésus attend des âmes, c'est donc avant tout un acte d'abandon, de totale confiance, en Lui, en son Amour miséricordieux. C’est bien pour cela que Jésus a voulu que soit inscrit au bas du tableau demandé à Ste Faustine,: «Jésus, j’ai confiance en toi»… et il aime que l’on répète très souvent cette petite invocation

Jésus, dans le même sens, donne à sœur Bénigne le secret de la sainteté : se défier et se confier. Toujours te défier de toi, puis, ne pas t'arrêter là, mais t'élever aussitôt à la confiance en Dieu, car si je suis bon pour tous, je suis très bon pour ceux qui se confient en moi. Par ces deux petits mots se défier et se confier, c'est tout un programme que Dieu donne aux hommes : c'est se détacher d'abord de soi, et de tout ce qui est péché, faiblesses, lourdeur humaine ; c'est reconnaître sa petitesse, sa faiblesse pour se jeter comme un petit enfant dans les bras de Jésus et le laisser agir en nous. Alors, si nous suivons cette voie, nous réjouirons vraiment le Cœur de Jésus.

Une telle attitude confiante ravit le Cœur de Dieu et alors l'âme, ainsi disposée, obtient tout de Dieu. C'est ainsi qu'il disait à sainte Faustine : Dis, ma fille, que je suis tout amour et Miséricorde. Quiconque m'approche avec confiance reçoit ma grâce avec une telle surabondance qu'il ne peut la contenir et rayonne sur les autres. Ou encore : On ne puise ma Miséricorde qu'avec la coupe de la confiance. Plus on a confiance et plus on obtient. J'aime que l'on me demande beaucoup, car je désire donner beaucoup et de plus en plus. Les cœurs avares qui demandent peu, m'attristent.

Pas de Miséricorde sans sacrifices

Si le message de Jésus veut être un message qui redonne confiance en son Amour miséricordieux pour tous, il n'en est pas moins un message d'Amour exigeant. Jésus en rendant la paix, la joie aux âmes veut les conduire jusqu'à son Cœur. Et ce Cœur, en retour, communique sa passion des âmes. Mais cette passion des âmes ne l'a-t-elle pas conduite jusqu'à la Croix ? Voici ce qu'il disait un jour à sœur Benigna : Écoute-moi, mon épouse ; c'est parce que je t'aime que je te traite ainsi. Le don le plus précieux que je puisse faire à mes amis, c'est celui de la Croix. Sans la Croix il n'y a pas de véritable Amour, de véritable sainteté.

Pourtant combien d'âmes disent aimer Jésus, mais restent dans les belles paroles et n'avancent pas vraiment, par peur de cette Croix : Peu d'âmes marchent d'un pas rapide dans la voie de l'amour, parce qu'il y en a bien peu qui entrent généreusement dans la voie du sacrifice. Si on s'arrête dans le sacrifice, on s'arrête dans l'amour. Quand il s'agit du sacrifice, ne dis jamais : c'est assez, ce serait dire : je n'ai pas le désir d'accroître en moi l'amour. Rien n'augmente l'amour comme la Croix. La Croix accompagne toujours Jésus, il ne peut y avoir de vrai Croix sans Jésus et de même on ne peut trouver Jésus sans sa Croix. On peut même dire que, d'une certaine manière, Jésus mesure notre amour pour lui à la générosité dans le sacrifice et le renoncement. C’est ainsi que Jésus expliquait à sœur Bénigna : la mortification est comme le canal par où passent mes grâces de choix ; si ce canal est petit, il en passe peu, mais s'il est grand, il en passe beaucoup.

Mais comme bien des fois, ici aussi Jésus se plaint du peu de générosité, du peu de correspondance qu'il trouve dans les âmes. J'ai bien peu d'âmes livrées à l'Amour, parce qu'il en coûte... certaines commencent bien, mais retournent en arrière ; elles ont peur du sacrifice... Je les compare à ceux qui se privent de cueillir une rose dans la crainte de se piquer. L'amour vrai ne fait pas ainsi : là où il voit un sacrifice, il s'élance comme sur une proie, il l'étreint, l'embrasse, et plus le sacrifice est caché, intime, connu de Dieu seul, plus il le fait volontiers.

Et nous ? Serons-nous de ces âmes peureuses qui reculent devant le sacrifice ? Ou bien serons-nous de ces âmes généreuses dans lesquelles Jésus pourra faire sa demeure, dans lesquelles il pourra déverser les flots de sa miséricorde ? C'est en effet, à la mesure de notre générosité que Jésus mesurera notre degré d'amour.

Jésus a besoin d'âmes généreuses qui sois apôtres de sa Miséricorde

Les messages de Jésus sont toujours d’actualité. Comprenons donc en cette année de la Miséricorde, l’importance de collaborer avec Jésus à la grande œuvre du salut des âmes. Nous qui avons la grâce de connaître et de bénéficier de la Miséricorde infinie du Cœur de Jésus, entendons avec un cœur ouvert et généreux, ce grand appel de Jésus à sœur Josepha : Je veux que les âmes viennent toutes à moi. Ah, les âmes, priez, oui, priez pour les âmes! J’ai tant d’âmes qui m’abandonnent et tant qui se perdent! Et ce qui m’est le plus douloureux, c’est que ce sont mes âmes, ces âmes sur lesquelles j’ai fixé mes yeux, et que j’ai comblées de mes dons! En échange, elles n’ont pour moi que froideur et ingratitude. Ah! que je trouve peu d’âmes qui correspondent à mon Amour!

Mais lorsque Jésus trouve des âmes toute prêtes à marcher à sa suite, alors il les associe à la sienne, comme il le disait un jour à sœur Josepha : la plus grande récompense que Je puisse donner à une âme c’est de la faire victime de mon Amour et de ma Miséricorde, en la rendant semblable à moi qui suis la Victime divine pour les pécheurs.

Ne restons pas insensible à cet appel du cœur de Jésus pour que les hommes se tournent vers lui, pour que des âmes acceptent de devenir apôtres de son Amour, de sa Miséricorde, des âmes qui prient et offrent pour le monde : Je veux que le désir et le besoin de réparer se réveillent et grandissent parmi les âmes fidèles et les âmes choisies, car le monde a péché… Oui, le monde, les nations excitent en ce moment la colère divine.

Conclusion

Les appels que Jésus miséricordieux lancent aux hommes apparaît, nous le voyons, comme dans la plus pure ligne de l'Évangile. Jésus ne révèle rien de nouveau, mais nous donne un message doux et réconfortant qui n'est autre que l'Évangile vécu. Des pages merveilleuses qui nous touchent tous, nous appellent tous. Le message est bien simple : Confiance, Abandon, Foi en son Amour infiniment miséricordieux. Amour miséricordieux de notre Dieu qui nous attire toujours plus près de son Cœur et qui nous fait partager son don le plus précieux : sa Croix. Croix de l'humilité, du renoncement, du sacrifice mais Croix de joie, de paix, de douceur car partagée, portée avec Jésus. As-tu des peines ?... tais-toi et confie-toi, ton Jésus y pourvoira. Es-tu troublée par tes fautes ?... aie confiance, ton Jésus te les a déjà pardonnées, et non seulement il les répare, mais il en fera quelque chose de bon par l'humilité. As-tu de l'inquiétude, cherchant comment tu dois agir ?... Aie confiance, ton Jésus qui est maintenant avec toi, y sera encore tout à l'heure. Dis dans ton Cœur : j'ai un Jésus et je me fie à lui.

Si nous nous abandonnons généreusement, sans peur, dans cette voie de l'Amour, alors, nous trouverons le lieu de notre refuge, de notre paix, de notre joie. Écoutons encore une fois Jésus nous y appeler par l'intermédiaire de sœur Bénigna : Sache pour toi, et apprends-le aux autres, que, pour avoir une vertu solide, il faut l'attendre du Cœur de Jésus. Qui veut se sauver n'a qu'à venir se réfugier dans cette Arche bénie d'où l'on contemple la tempête sans en être secoué, sans en être menacé. O mon épouse! découvre à tous le lieu de refuge que tu as choisi pour ta demeure perpétuelle ; fais-moi la charité de l'enseigner à d'autres, afin qu'ils viennent me trouver. J'ai des trésors de grâces pour tous, et quiconque vient à moi en emporte.

Maintenant dans l’office des Vêpres, et plus encore tout à l’heure devant Jésus Hostie, redisons-lui donc en toute confiance: Jésus, j’ai confiance en toi


Troisième conférence : La Miséricorde, une limite au mystère du mal

 

Introduction :

Aujourd’hui, lorsque nous voyons le Mal déferler sur le monde, nous pouvons avoir l’impression d’être à la place des apôtres, angoissés et livrés à eux-mêmes dans une barque emportée par la tempête, alors que Jésus dormait. Oui, nous pouvons parfois avoir l’impression que Dieu dort, nous voudrions qu’il agisse dès maintenant avec force et puissance pour anéantir nos ennemis. Nous oublions parfois que les projets de Dieu ne sont pas ceux des hommes, et qu’il agit néanmoins dans notre monde, mais non pas à la façon des potentats et des dictateurs. «Pour châtier, j'ai toute l'éternité, disait Jésus à Ste Faustine, Maintenant, je prolonge le temps de la miséricorde. Avant de venir comme Juge, j'ouvre toutes grandes les portes de ma miséricorde.».

St Jean Paul II a développé dans son livre-testament, Mémoire et Identité une réflexion fondée sur son expérience personnelle des « idéologies du mal » du XXe siècle, et sur le message de Jésus Miséricordieux. De sa réflexion, a jailli la conviction mûrie par des années de souffrances, que seule la Miséricorde Divine est la limite au Pouvoir du Mal en ce monde.

I) LA MISERICORDE COMME LIMITE AU MYSTERE DU MAL DANS L’HISTOIRE :

1. La Miséricorde au XXe siècle réponse aux idéologies du mal

Dans les idéologies du mal du XXe que Jean-Paul II nomme mystère d'iniquité, se retrouve une volonté d’autonomie ou une négation complète de Dieu comme créateur mais aussi comme Sauveur. Nous n’avons plus besoin d’être sauvés par un autre… Nous sommes entrés dans l’ère du Salut de l’homme par l’homme.

Dans les années 70-80 nous trouvions encore des idéalistes naïfs et rêveurs, influencés par le marxisme pour désirer « changer nous-mêmes le monde». Le temps a passé, et force est de constater que nous avons dû nous rendre à l’évidence : le monde n’a pas changé grâce à nos efforts. Le mal a même gagné du terrain… Il faut bien constater que seuls, nous sommes impuissants à changer le monde. Nous sommes aujourd’hui devant une double attitude de nos sociétés occidentales devant cette montée en puissance du Mal :

- Une certaine indifférence et une banalisation du mal, souvent fustigée par le pape François, une banalisation qui veut essayer d’ignorer le Mal ou de vivre avec sans se laisser toucher. Tant que le mal ne frappe pas à nos portes, nous nous réfugions dans une certaine superficialité, dans les divertissements et les distractions, les médias, la facilité le confort et la sécurité.

-Lorsque cette attitude n’est plus tenable, précisément parce que le Mystère de l’iniquité se présente dans nos vies, alors, c’est le vide, le désespoir, le non sens, et finalement, la révolte contre Dieu qui est tenu pour responsable des conséquences de nos abus de liberté.

Si la limite au pouvoir du mal dans le monde ne peut pas venir des seules forces de l’homme, cela signifie que la seule limite au mystère du Mal ne peut venir que de Dieu qui est tout à la fois Justice et Miséricorde.

Or, c’est à l’époque où sont nées et se sont développées les grandes idéologies du mal que Notre Seigneur a voulu, dans sa grande bonté, souligner de façon plus particulière le Mystère de Sa Divine Miséricorde, en demandant à Ste Faustine de diffuser l’annonce selon laquelle « l’unique vérité capable de contrebalancer le mal de ces idéologies est le fait que Dieu est Miséricorde. »MI p.17

2. Dieu et la limite au Mystère du Mal.

L’Histoire de l’homme est marquée dès le commencement par la transgression, mais aussi par la limite que le Dieu créateur impose au Mal. " C'est Dieu lui-même, nous dit JPII qui peut imposer une limite définitive au mal. Par essence, il est en effet la Justice. Il l'est parce qu'il est celui qui récompense le bien et punit le mal, le péché, en parfaite adéquation avec la réalité." (MI p. 30)

En effet, dès le Péché originel apparaît, écrit Jean Paul II, « à l’horizon de l’histoire de l’homme le Dieu qui juge et qui punit qui montre que le mal n’a pas le dernier mot » (MI p. 31). Dieu remet l’homme qui voulait être maître du bien et du mal à sa juste place en rappelant que lui seul, Dieu, est Dieu. En punissant la faute, Il tempère notre orgueil, et il nous empêche de nous imaginer que nous pourrions être grands par nos propres moyens, et en même temps, il permet que notre nature humaine, bien que blessée ne soit pas totalement détruite. En ce sens, la punition est une limite et, d’une certaine façon déjà une miséricorde.

Nous avons donc dès à présent deux réalités qui s’offrent à nous :

D’une part le fait que le Dieu Tout Puissant et Maître de l’Histoire rappelle à l’homme ses limites, agit pour marquer la frontière de la puissance du mal. Dès la faute originelle, Il oppose au péché une limite qui vient de sa Toute Puissance et du fait que nous ne sommes que créatures devant Dieu. Même si le Mal parait tout emporter avec lui, la victoire de Dieu est certaine car Dieu seul est Dieu. Satan et ceux qu’il entraîne à sa suite ne sont que des créatures, ils sont donc déjà vaincus : le Mal ne sera jamais Tout Puissant.

D’autre part, Dieu respecte la liberté qu’il a offerte à l’homme, et que celui-ci a utilisé pour sa perte. Dieu a donné à l’homme cette liberté pour l’Amour : il n’a pas voulu nous forcer à l’aimer parce que l’Amour ne peut pas naître de la contrainte. Aussi, il ne cesse de lancer à l'homme ses appels à l’Amour et à la conversion, tout en prodiguant à ceux qui l’accueillent les richesses de sa grâce. Saint Paul affirmer : "Tous ont péché, tous ont besoin de la Miséricorde"

Jean Paul II, en revenant sur les idéologies du XXe siècle soulignait cette limite que Dieu a donnée au mystère du Mal pendant le XXe siècle : « Plus tard, en réalité une fois la guerre finie, je pensais en moi-même : le Seigneur Dieu a accordé au nazisme douze années d’existence, et après ces douze années ce système s’est écroulé. On voit ici la limite imposée à une telle folie par la divine Providence. A dire vrai, Il ne s’agissait pas seulement de folie mais d’une bestialité. Mais de fait, la divine Providence n’a accordé que ces douze années au déchaînement de cette fureur bestiale. » MIp.26 27

En 1945, à la fin de la guerre, le communisme apparaissait très solide et très dangereux, beaucoup plus qu’en 1920. On avait alors l’impression très nette que les communistes pouvaient conquérir la Pologne et aller au-delà, en Europe occidentale, se lançant à la conquête du monde. Ce ne fut pas le cas.» p.28

La question qui nous vient ici spontanément à l’esprit est celle-ci : certes, Dieu dans sa Justice, limite le Mal, fait tomber les potentats de leurs trônes, il veille sur nous et reste proche de nous…Mais cela n’est ce pas une limite dérisoire lorsque l’on voit l’atrocité du mal qu’il permet ?

Bien sûr, il nous faut ici souligner que Dieu n’est pas à l’origine du mal. St Jacques le souligne dans son épitre : Dans l’épreuve de la tentation, que personne ne dise : « Ma tentation vient de Dieu. » Dieu, en effet, ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne. Chacun est tenté par sa propre convoitise qui l’entraîne et le séduit.

Cependant, la question demeure : Pourquoi Dieu n’empêche-t-il pas davantage le mal? Cela restera toujours un mystère.

Néanmoins, l’expansion du mal et du malheur est souvent lié au rejet de Dieu et au mauvais usage que nous faisons de notre liberté: Qui nie aujourd’hui que l’homme, en défiant les lois inscrites par Dieu au coeur de la matière, a entraîné des processus irréversibles : multiplication des catastrophes naturelles, multiplication des cancers liés à nos expérimentations d’apprentis sorciers ?...

Dans notre civilisation éprise de liberté, nous n’hésiterions pas à récriminer contre Dieu s’il nous ôtait une once de liberté. Nous murmurons déjà contre Dieu lorsqu’il nous présente des commandements qui nous semblent par trop exigeants. En revanche, lorsqu’il s’agit d’assumer les conséquences des actes mauvais que nous posons, là, nous nous révoltons contre le Seigneur.

De plus, l’homme moderne, qui a rejeté Dieu et vit sans lui, ne l’invoque plus. Dieu ne pourrait-il pas agir davantage dans notre monde si nous l’invoquions et si nous nous tournions davantage vers Lui ?

Mais la question sur laquelle nous butons reste celle de la souffrance des innocents : les conséquences des actes irresponsables ou atroces de certains, ce sont souvent les innocents qui les supportent…Pourquoi Dieu permet-il la souffrance des innocents ? Ici, les réponses théoriques restent insuffisantes. La seule réponse ne peut venir qu’en fixant notre regard sur le Crucifié du Mont Calvaire.

3. La Miséricorde par la croix ; d’un mal Dieu peut tirer un bien plus grand

Sur le mont Golgotha, nous voyons Jésus, outragé, humilié, torturé, cloué en croix par les hommes qu’Il a lui-même créé. Innocent mis à mort par les coupables, Jésus n’est pas resté extérieur à nos souffrances. Sur le Calvaire, nous voyons le Mal dans toute son horreur. Le Mal existe, et Dieu ne peut pas le gommer, il ne peut pas l’effacer sans supprimer par là même notre liberté. Mais parce que Jésus est Dieu, qu’il a porté nos péchés, et que, du haut de la croix, il continue à nous aimer en pardonnant, alors l’Amour a fait de la Croix, instrument de supplice la source de la Vie et du Salut.

Nousentrevoyons là un aspect encore plus profond de la réponse que Dieu donne au Mal : non seulement Dieu limite le Mal, mais encore, en le portant lui même, il nous a donné la possibilité,par notre union à lui, de tirer de ce mal un bien plus grand. Nous nous trouvons devant le Mystère du dépassement de la faute. « Là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. »

St Jean Paul II écrivait : " St Paul lance un avertissement à ce propos "Ne te laisse pas vaincre par le mal, sois vainqueur du mal par le bien". (Rm12 21) En définitive on arrive ainsi, sous l'incitation du mal, à mettre en oeuvre un bien plus grand."

Laréponse que Dieu apporte au Mal ne consiste pas à le nier, ni à l’oublier, Jean Paul II souligne très justement que « de toute façon le mal dont on a fait une expérience directe ne s’oublie pas facilement. On peut seulement le pardonner. Et que signifie pardonner, sinon en appeler au bien qui est plus grand que n’importe quel mal ? En définitive ce bien n’a son fondement qu’en Dieu. Seul Dieu est ce bien » p. 29

Benoît XVI développe cette affirmation en soulignant : « La faute est une réalité objective elle a causé une destruction qui doit être surmontée. C’est pourquoi le pardon doit être plus qu’une volonté d’ignorer ou d’oublier. La faute doit être assumée, réparée et ainsi surmontée. Le Pardon a un coût, et d’abord pour celui qui pardonne. Le mal qui lui a été fait, il doit le surmonter intérieurement, le brûler à l’intérieur de lui et ainsi se renouveler de sorte qu’il fasse entrer l’autre, le coupable, dans ce processus de transformation et de purification intérieures, que tous deux se renouvellent en souffrant le mal jusqu’au fond et en le surmontant. C’est là que nous butons sur le mystère de la croix du Christ. » p 182JN

Dans l’Evangile, Jésus ne nous promet pasque, grâce à notre foi et notre prière, nous pourrions enfin trouver le confort et la sécurité, être pour toujours à l’abri des ravages du mal. Mais il nous dit : Je suis avec vous tous les jours. La vie des saints nous montre que les amis de Jésus sont plus que quiconque confrontés à la croix et au Mystère du Mal. Mais ils ont trouvé en Jésus la force qui nous aide à tenir dans la détresse. Mais la découverte du mystère de la croix a projeté une lumière nouvelle sur leur souffrance.Convaincus que Jésus souffre en eux, avec eux, qu’il s’est fait proche, ils ne sont plus seuls : C’est le Dieu humble et fort, le Dieu qui a souffert pour eux, qui vient souffrir en eux. En unissant cette souffrance à la Passion de Jésus, et en pardonnant, ils sont arrivés à comprendre que cette rencontre douloureuse avec le mystère du Mal pouvait avoir, toujours par l’union à la Croix de Jésus, une fécondité spirituelle pour les âmes et pour l’âme elle-même. Sans en ôter l’amertume, l’amour transfigure alors la souffrance et en fait un chemin de purification.

II. LA LIMITE AU MAL DANS L'ÂME DU FIDÈLE

Cela nous permet de comprendre que le premier rempart à l’expansion du mal vient de l’acceptation de la Miséricorde dans ma vie personnelle.

1. La conversion

Nous faisons chaque jour l'expérience que nous sommes divisés en nous-mêmes, tiraillés entre la force des tentations, des tendances mauvaises, et celle de notre désir insatiable de Dieu. Il nous faut comprendre définitivement que le péché n'est pas seulement la simple transgression d'une loi, comme le serait un refus de priorité. Le péché, c’est à dire la transgression de la loi divine et des commandements est aussi une blessure faite au cœur de Dieu.

L'Esprit saint, écrit Jean Paul II, est donné en premier lieu pour "dénoncer l'erreur du monde sur le péché". "Et, le but d'une telle dénonciation n'est pas la condamnation du monde. Si l 'Eglise, grâce à l'Esprit Saint appelle le mal par son nom, elle le fait seulement dans le but d'indiquer la possibilité de le vaincre. "(p.19) Dieu donne alors à l'homme, dans son Fils Jésus, la force de se relever.

Nous pouvons bien être d'accord avec cela sur le fond. Mais la conversion n'est pas acquise une fois pour toutes. Combien de fois refusons-nous de voir le péché que l'autre nous a indiqué par une remarque? Combien de fois refusons nous d'accepter une observation qui nous met face à notre péché, ou à telle mauvaise habitude ?

Cetappel à la conversion est le premier aspect de la Miséricorde dans nos vies… Mais la miséricorde va plus loin : elle appelle à la sanctification.

2. La sanctification

Jean Paul II nous disait dans son encyclique sur la Miséricorde : La dimension divine de la rédemption ne se réalise pas seulement dans le fait de faire justice du péché, mais dans celui de rendre à l'amour la force créatrice grâce à laquelle l'homme a de nouveau accès à la plénitude de vie et de sainteté qui vient de Dieu. De la sorte, la rédemption porte en soi la révélation de la miséricorde en sa plénitude. (n°7) C'est aussi ce qui ressort des épîtres de St Paul où la rédemption, le pardon des péchés n'est jamais dissocié de l'appel urgent à mener une vie sainte, irréprochable et pure sous le regard de Dieu. La Miséricorde ne consiste pas pour Dieu à nous sortir de la boue du péché pour nous poser sur le rivage où nous serions appelés à végéter, à être de bons chrétiens, bien en règle, mais sans grands désirs, sans grandes ambitions spirituelles. Il est important de redire contre Nietzsche et Marx que le christianisme n'est pas la religion de la médiocrité assumée, la drogue qui nous tranquillise.

Oui, nous sommes appelés à quelque chose de beau et de grand, mais nous sommes appelés à y parvenir avec Dieu, jamais sans Lui.

Comprenons alors combien la Miséricorde ne se moque pas de la justice (selon une fausse traduction de l’épître de St Jacques)… la justice est déjà une œuvre de la Miséricorde mais la Miséricorde est bien plus grande… La miséricorde est au-dessus de la Justice, elle la dépasse… Certes, la Miséricorde est un don gratuit, totalement immérité, que Dieu nous fait… Mais dans le fond, regardons la passion, le Christ a bien payé le prix et quel prix! mais il va bien plus loin: il nous offre ses mérites!

Nous ne pouvons pas ici, énumérer tous les moyens donnés par Jésus pour faire reculer le péché en nous. Nous voudrions juste ici nous arrêter sur ce qui contient tous ces moyens, ce qui est le coeur de la sainteté chrétienne, et le centre du message évangélique : l’union à la personne vivante de Jésus Christ, notre Sauveur.

Dans son encyclique Dives in Misericordia, Jean Paul II rappelait que la Miséricorde du Père est la personne même de Jésus. Le catholicisme n’est donc pas un yoga déguisé qui consisterait à se vider du mal par ses propres forces, à « faire le vide » pour trouver le bonheur. La seule façon de se vider du mal est de laisser Jésus remplir et remplacer ce qui, avant, était vicié en notre âme.

Remarquons que lorsque Jésus demande à Ste Faustine de peindre une image avec ces mots « Jésus j’ai confiance en toi », il ne s’agit pas de nous fournir une image pieuse en plus, mais d’un moyen bien concret pour se rendre présent dans la vie de ses fidèles et nous rappeler que la sainteté consiste à garder son coeur et son regard sans cesse fixé sur notre divin modèle en lui demandant son aide, même et surtout au milieu de nos faiblesses.

Une telle union avec Jésus doit bien sûr se concrétiser par des actes. C’est ainsi que Jésus demandait à Ste Faustine depratiquer la miséricorde. Sans cela, notre union n’est pas vraie.

C’estseulement en travaillant à notre sanctification que nous pourrons efficacement travailler au Salut des âmes et donc à freiner l’expansion du Mal en notre monde.

Accueillons la Miséricorde en nos vies et notre vie et notre monde changeront! Regardons par exemple, la puissance du sacrement de la Miséricorde… il ne se contente pas de nous apporter le pardon mais il est une force pour mener le combat… Qui n’a pas fait l’expérience du combat qui devient plus difficile plus notre dernière confession est lointaine!

Jésus nous demande aussi et avant tout de dépasser le mal et les offenses présents dans notre vie quotidienne : dans notre famille, notre lieu d’études ou de travail. Le Pardon qui jaillit de l’offense quotidienne est déjà limite au pouvoir du Mal en ce monde. « Une âme qui s’élève élève le monde » disait la Roche Foucauld, en ce sens, oui, la sainteté est le seul rempart contre la puissance du Mal. S’il faut des milliers de mécréant pour pervertir le monde, une seule âme toute consumée par l’amour peut le sauver!

Conclusion :

La victoire sur le Mal et le péché a été remporté une fois pour toute par le Christ sur la Croix… mais cette victoire doit être accueilli librement en chaque cœur… Comment? en accueillant le Christ, seul Rédempteur de l’homme!

En attendant, tant que durera ce monde, la parabole du bon grain et de l’ivraie, (cad du bien et du mal qui croissent dans le même champ.) reste vraie. La transformation de structures ne peut jamais éradiquer totalement le mal.

C'est au niveau du coeur de l'homme seulement que Dieu peut mettre un frein à l'expansion du mal. Terminons seulement en citant une dernière fois Ste Faustine qui voyait le déferlement du Mal de son époque : « Je redouble mes prières, mais je ne suis qu’une goutte face au Mal qui déferle. Une goutte peut-elle arrêter un raz de marée ? Oh oui, en soi une goutte n’est rien, mais avec toi, Jésus, hardiment, je ferai face à la houle du mal et à l’enfer lui-même ».

Alors redisons sans cesse: Jésus, j’ai confiance en toi.


 

Quatrième conférence : Un témoignage de pardon comme limite à la spirale infernale du mal : Fouad Hassoun (vidéo)

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Cinquième conférence : Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux (les œuvres de Miséricorde)

 

Il ne suffit pas de parler de miséricorde, de méditer sur l’exemple de Jésus, vrai visage de la Miséricorde du Père. Il ne suffit pas de s’émerveiller devant la puissance de la Miséricorde qui dépasse la justice et qui se révèle comme une limite au mystère du mal; il ne suffit pas de s’émerveiller devant de beaux témoignages de miséricorde reçu et donnée… Il ne suffit pas de faire l’expérience de la Miséricorde du Seigneur dans nos vies… il faut à notre tour être miséricordieux… Miséricordieux comme le Père… Et rappelons-nous la béatitude laissée par Jésus: Heureux les miséricordieux, ils obtiendront miséricorde…

Il ressort de cette béatitude (comme cela était déjà exprimé dans la prière du Pater à propos du pardon) que nous ne pouvons pas faire l’expérience de la Miséricorde si d’abord, nous n’acceptons pas d’être nous-même miséricordieux…

 

Il faut ouvrir les yeux, savoir regarder autour de nous, et reconnaître ces appels que Dieu nous lance à travers ceux qui nous entourent. Nous ne pouvons vivre le dos tourné à ceux qui nous entourent, repliés sur notre petit monde… ce n’est pas ainsi que Jésus a vécu. Les Évangiles nous parlent largement de sa miséricorde, de sa capacité de partager à la douleur et les besoins des autres : il a pitié de la veuve de Naïm; il pleure la mort de Lazare , il se soucie des foules qui le suivent et qui n’ont rien à manger , et surtout, il a aussi pitié des pêcheurs, de ceux qui circulent en ce monde sans connaître la lumière ni la vérité : en débarquant, Jésus vit une grande foule et fut bouleversé, parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger, et il se mit à les instruire longuement .

 

Cet appel à la Miséricorde n’est finalement rien d’autre qu’une déclinaison du grand commandement: «Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés

C’est un appel à le vivre d’une manière bien concrète… Rappelons-nous les paroles de Jésus: «Il ne suffit pas dire Seigneur, Seigneur…mais il faut faire la volonté de mon Père qui est dans les cieux…» et saint Jean de reprendre ainsi l'enseignement du Maître : «Mes chers petits enfants, n'aimez pas seulement en paroles et avec la langue, mais EN ŒUVRES et EN VERITE...Comme Dieu nous a aimés, ainsi nous devons nous aimer les uns les autres » (1 jean 3, 18). Sans la pratique de cette charité fraternelle, il n'y a pas d'appartenance authentique à Jésus-Christ. C’est pour cela que l'Église, en fidèle interprète de l'enseignement de Notre-Seigneur, propose depuis toujours dans son Catéchisme ce que l'on a coutume d'appeler : les œuvres de miséricorde.

 

Impossible? Non… car Dieu le premier nous a aimé!

«La miséricorde de Dieu transforme le cœur de l’homme et lui fait expérimenter un amour fidèle qui le rend capable d’être, à son tour, miséricordieux. C’est à chaque fois un miracle que la miséricorde divine puisse se répandre dans la vie de chacun de nous, en nous incitant à l’amour du prochain et en suscitant ce que la tradition de l’Église nomme les œuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Elles nous rappellent que notre foi se traduit par des actes concrets et quotidiens, destinés à aider notre prochain corporellement et spirituellement, et sur lesquels nous serons jugés : le nourrir, le visiter, le réconforter, l’éduquer.» (Message carême Pape François)

 

 

Alors, qu’est-ce qu’une œuvre de miséricorde?

Laissons le pape François commenter ainsi ces gestes (bulle d'indiction du jubilé de la miséricorde, § 15): "J’ai un grand désir que le peuple chrétien réfléchisse durant le Jubilé sur lesœuvres de miséricorde corporelles et spirituelles. Ce sera une façon de réveiller notre conscience souvent endormie face au drame de la pauvreté, et de pénétrer toujours davantage le cœur de l’Evangile, où les pauvres sont les destinataires privilégiés de la miséricorde divine. La prédication de Jésus nous dresse le tableau de ces œuvres de miséricorde, pour que nous puissions comprendre si nous vivons, oui ou non, comme ses disciples.

Nous ne pouvons pas échapper aux paroles du Seigneur et c’est sur elles que nous serons jugés : aurons-nous donné à manger à qui a faim et à boire à qui a soif ? Aurons-nous accueilli l’étranger et vêtu celui qui était nu ? Aurons-nous pris le temps de demeurer auprès de celui qui est malade et prisonnier ? (cf. Mt 25, 31-45). De même, il nous sera demandé si nous avons aidé à sortir du doute qui engendre la peur, et bien souvent la solitude; si nous avons été capable de vaincre l’ignorance dans laquelle vivent des millions de personnes, surtout des enfants privés de l’aide nécessaire pour être libérés de la pauvreté, si nous nous sommes fait proches de celui qui est seul et affligé; si nous avons pardonné à celui qui nous offense, si nous avons rejeté toute forme de rancoeur et de haine qui porte à la violence, si nous avons été patient à l’image de Dieu qui est si patient envers nous; si enfin, nous avons confié au Seigneur, dans la prière nos frères et soeurs.

 

Comprenons bien ces œuvres de miséricorde… Profondément, il s’agit de se mettre au service de nos frères pour leur vrai bien, leur vraie destinée, la vie de Dieu en eux. Et non pas uniquement une œuvre humanitaire…

Un juste équilibre est à garder entre ce que le catéchisme appelle les œuvres de miséricorde corporelle et les œuvres de miséricorde spirituelle… un peu comme 2 bras d’une croix: corporelle/spirituelle. Ne l’oublions pas l’homme est corps et âme. Il est donc important de ne pas tomber ni dans un travers ni dans l’autre: horizontalisme plat ou une charité désincarnée!

Voici ce que nous dit notre Pape François dans son message de carême: «Si à travers les œuvres corporelles nous touchons la chair du Christ dans nos frères et nos sœurs qui ont besoin d’être nourris, vêtus, hébergés, visités, les œuvres spirituelles, quant à elles, - conseiller, enseigner, pardonner, avertir, prier - touchent plus directement notre condition de pécheurs. C’est pourquoi les œuvres corporelles et les œuvres spirituelles ne doivent jamais être séparées. En effet, c’est justement en touchant la chair de Jésus Crucifié dans le plus nécessiteux que le pécheur peut recevoir en don la conscience de ne se savoir lui-même rien d’autre qu’un pauvre mendiant

 

 

Les œuvres de miséricorde corporelles

 

Les œuvres de miséricorde corporelles sont pour la plupart tirées de l’énoncé du Seigneur lorsqu’il décrit le Jugement dernier. Nous connaissons tous très bien cet Evangile: "J'avais faim, et vous m'avez donné à ma manger ; j'avais soif, et vous m'avez donné à boire ; j'étais un étranger, et vous m'avez accueilli ; j'étais nu, et vous m'avez habillé ; j'étais malade, et vous m'avez visité ; j'étais en prison, et vous êtes venu jusqu'à moi… tout ce que vous avez fait aux plus petits d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait" (Mt 25, 35-36).

Notre pape François nous rappelle que c’est sur cette page d’Evangile que nous serons tous jugés! Ce n’est donc pas une option, une possibilité qui nous est donné mais un véritable devoir… une condition pour notre salut! Nous sommes donc appelés et invités à une véritable inventivité, à une "imagination de la charité" (selon une expression de St Jean-Paul II) face aux multiples formes de pauvreté de notre troisième millénaire. Les domaines d'action ne manquent pas!

 

1) Donner à manger à ceux qui ont faim; 2) donner à boire à ceux qui ont soif .4) vêtir ceux qui sont nus
Nourriture - Boisson – Vêtement : c'est le premier degré mentionné explicitement par l'Évangile. Elles sont complémentaires et concernent l’aide alimentaire et tous les secours matériels à apporter aux nécessiteux, à ceux qui manquent de l’indispensable dans leur quotidien.

Saint Luc rappelle le conseil de Jésus dans ce sens: « Que celui qui a deux manteaux les partage avec celui qui n’en a pas; que celui qui a de quoi manger, fasse de même » (Lc 3, 11).

Et saint Jacques dans sa lettre nous encourage à être généreux: « Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours; si l’un de vous leur dit: « Allez en paix! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il? (Jc 2, 15-16).

Souvent la paroisse, une organisation humanitaire, nous en facilite la tâche en collectant des denrées alimentaires ou des habits. C’est très bien… mais me suis-je posé la question: ne pourrais-je pas leur apporter mon aide même ponctuelle? Et de façon plus large, pensons peut être à ne pas leur donner seulement ce que nous avons rejeté, ce que nous ne mettons plus, ce que nous n’aimons pas, mais offrons peut être aussi ce qui nous serait encore utile. Interrogeons-nous sur notre positionnement par rapport à la société de consommation dans laquelle nous vivons… au gaspillage qui nous tente tous!

Ouvrir les yeux autour de nous et procurer ce nécessaire à ceux qui en manquent: quelle belle manière par le fait même de lutter contre l'avarice, le matérialisme, le superflu, contre notre petit égoïsme…

3) accueillir l’étranger

« Soyez zélés pour l'hospitalité » (Rom., XII, 3) : une attitude importante de la charité fraternelle est l'accueil. Cet accueil était vital dans l’antiquité puisque les voyageurs risquaient leur vie dans leurs déplacements. Ce n’est pas tout à fait la même problématique de nos jours. Ceci dit, nous devons être prêts à ouvrir nos portes à celui qui est dans la difficulté extrême et non pas seulement par hospitalité ou par amitié!

Par l'accueil matériel, on voit en chaque homme un homme et un fils de Dieu, on se donne tout entier à lui, selon ses possibilités, avec ses biens matériels, sa maison, son temps, son dévouement.

Mais ne limitons pas à l’accueil dans sa maison, ce qui peut bien souvent n’être pas facile, voire impossible: matériellement ou par sécurité… Mais quel regard portons-nous sur l’étranger, quel accueil est-ce que je lui fait: un visage détourné ou un sourire et une parole engagée? Suis-je prêt à lui donner de mon temps, de mon dévouement? Suis-je indifférent ou suis-je prêt à tous les efforts pour lui trouver un toit?


5) Visiter les malades - 6) Visiter les prisonniers

Il s’agit de prendre soin, matériellement et en leur tenant compagnie, des malades et des personnes âgées. Combien de personnes vivent seules dans la souffrance? Combien sont découragées…

Le Bon Samaritain est le meilleur exemple. Il soigna le blessé et ne pouvant pas s’en occuper directement, il confia ses soins à quelqu’un d’autre qu’il rémunéra. (Cf. Lc. 10, 30-37).

La visite aux prisonniers est importante… certes, pas facile en tant que telle… Mais avons-nous réfléchis qu’il y dans nos sociétés bien des prisonniers qui ne sont pas derrière des barreaux… il y a bien des prisons: maladie, solitude, dépendances (alcool, drogue, etc), la peur, le péché… Mais en ce moment, il y a tous nos frères et sœurs persécutés pour leur foi ou maltraité par des idéologies: sommes-nous sensible, près à les aider (prière, offrande,…)?

 

7) Enterrer les morts

Enterrer les morts peut sembler une injonction superflue puisque tout le monde est en fait enterré. Et pourtant, n’avons-nous pas un devoir en que chrétien d’apporter un témoignage de foi en la résurrection? De porter le souci d’accompagner les défunts de notre prière… peut-être en participant à des funérailles non pas seulement par amitié sociale mais par charité chrétienne (par exemple pour une personne ou nous savons que personne ne viendraou ne priera véritablement pour elle…)?

 

 

Les œuvres de miséricorde spirituelles:

 

L’Église énonce les œuvres de miséricorde spirituelle à partir de textes bibliques et des attitudes personnelles du Christ: le pardon, la correction fraternelle, la consolation, la souffrance endurée, etc.

- Conseiller ceux qui en ont besoin ; instruire les ignorants; exhorter les pécheurs : la charité fraternelle demande aussi d'avoir un esprit social; le dévouement, non seulement au bien des autres, mais aussi, au bien commun de toutes les sociétés auxquelles nous pouvons appartenir (famille, profession, village, patrie...). Il est nécessaire d’avoir le zèle de ce bien et y de veiller à y subordonner toujours nos intérêts particuliers parfois égoïstes ou individualistes.

Mais attention, ces œuvres de miséricorde ne saurait rester à un niveau social, elles visent pardessus tout le côté spirituel. C’est un appel à avoir à cœur de se montrer catholiques et catholiques qui parlent de sa foi ouvertement, mais avec cette douce humilité qui prouve qu'on est pénétré de la vie du Christ.

 

Dans l’invitation à conseiller ceux qui en ont besoin, il est cependant nécessaire que le don de conseil fait partie des dons de l’Esprit Saint. Pour donner un bon conseil, il faut donc être en harmonie avec Dieu. En effet, il ne s’agit pas ici de donner tel ou tel avis personnel, de venir mettre son grain de sel en toute chose. Bien au contraire! Il s’agit non d’imposer mais de permettre à l’autre de comprendre par lui-même…

La demande d’exhorter les pécheurs est particulièrement délicate car elle concerne surtout le péché. Autrement dit, il faut corriger le pécheur. C’est Jésus lui-même qui parle de la correction fraternelle dans l’évangile de Mathieu: « Si ton frère a péché, va le trouver Jésus dit: Si ton frère a commis un péché, va lui parler seul à seul et montre-lui sa faute. S’il t’écoute, tu auras gagné ton frère » (Mt. 18, 15-17).

Ce n’est pas facultatif: nous sommes tenus de corriger notre prochain, sinon, nous sommes coupable avec notre frère…Mais attention, il faut le faire avec douceur et humilité, sans oublier qu’il faut d’abord retirer la poutre qui est dans notre œil! Cela peut être difficile, mais il faut alors penser à la fin de la lettre de saint Jacques: « sachez que celui qui ramène un pécheur de la voie où il s'égare, sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés » (Jc. 5, 20).

Attention, cependant, à la grave erreur qui serait de se complaire envers le péché et l'erreur, au nom d'une soi-disant charité fraternelle ! Il vous faut avoir une sainte haine du péché, de l'erreur, car ils sont, pour nos frères que nous aimons, le plus grand mal. Deux écueils à éviter par conséquent :

- Sous prétexte d'amour des pécheurs et de ceux qui sont dans l'erreur, en arriver à aimer leur péché et leur erreur.

- Sous prétexte de combattre le péché et l'erreur, de combattre les pécheurs et ceux qui sont dans l'erreur.

-Consoler les affligés : c'est trouver les moyens pour apporter son aide à tous ceux qu'on connaît et qui se trouvent dans quelque malheur ou affliction. C'est leur apporter la présence de notre amitié, de porter avec eux leurs souffrances.

- Pardonner les offenses. « Pardonne-nous nos offenses, comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé », demandons-nous dans le Notre Père. Et le Seigneur nous éclaire ainsi: « Si vous pardonnez leurs offenses aux hommes, votre Père céleste vous pardonnera aussi. Mais si vous ne pardonnez pas les offenses des hommes, votre Père ne vous pardonnera pas non plus » (Mt. 6, 14-15).

Pour ce faire, il faut surmonter la vengeance, le ressentiment, traiter aimablement celui qui nous a offensé. Allons jusqu'au pardon des injures parce que Dieu a pardonné dans le Christ.

 

Supporter patiemment ceux qui nous ennuient. C’est là aussi bien difficile et pourtant c’est si souvent que nous pouvons l’exercer! C’est accueillir l’autre avec le sourire et une pare gentille même et surtout lorsqu’il nous agace! C’est accepter en silence les déceptions, les incompréhensions, les dédains… et pour aller plus loin, ce devrait être, tendre à se porter les uns les autres plutôt que se supporter! C’est avoir un esprit de bienveillance…

 

Prier pour les vivants et les morts

Saint Paul demande de prier pour tout le monde, sans discrimination, y compris pour nos gouvernants et les autorités, pour tous ceux qui ont des responsabilités, puisque Dieu « veut que tous soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (Cf. Tm 2, 2-3).

Les défunts au Purgatoire dépendent de notre prière. C’est une bonne œuvre de prier pour eux afin qu’ils soient libérés de leurs péchés. (Cf. Mac. 12, 46).

 

Conclusion pratique

Il est bien évident que nous ne pouvons pas exercer toutes ces œuvres de miséricorde en même temps et de la même façon… Chacun de vous doit discerner quelles œuvres de miséricorde lui incombent selon des critères comme : l'âge, l'éducation, la situation et les conditions de vie, le milieu social dans lequel il vit, sa vocation particulière, ses compétences physiques, intellectuelles, etc.

Ainsi, par exemple, il est bien évident qu’un jeune étudiant ne pourra pas forcément aider financièrement une famille pauvre, mais il sera capable de se former spirituellement et doctrinalement pour mieux rendre compte de sa foi… Une mère de famille nombreuse pourra difficilement aller soigner les malades d'un hôpital voisin, mais elle est appelée à donner à ses enfants, un bon catéchisme et leur apprendre à prier, etc…

 

Quel bienfait celui qui les pratique tire-t-il des œuvres de miséricorde ? C’est un excellent placement…

Exercer les œuvres de miséricorde communique des grâces à celui qui les fait « Donnez et l’on vous donnera », dit saint Luc dans son évangile… et qui plus est au centuple! En effet, avec ces œuvres de miséricorde nous faisons la Volonté de Dieu, nous donnons du nôtre aux autres et le Seigneur promet de nous donner à nous aussi ce dont nous aurons besoin.

Par ailleurs, c’est grâce aux bonnes œuvres que nous effaçons petit à petit la dette qu’à encore notre âme pour nos péchés déjà pardonnes.

Enfin, les œuvres de Miséricorde nous aident aussi à faire des pas vers le Ciel puisqu’elles nous font ressembler à Jésus, notre modèle, qui nous apprit ce que doit être notre attitude vis-à-vis des autres. C’est l’évangile de Matthieu qui nous le rapporte: « Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent; mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur ».

 

Vous vous dites sans doute en cet instant que souvent nous oublions les retombées les plus élémentaires de ces devoirs. Vous pensez peut-être à tant d’injustices auxquelles on ne porte nul remède, à ces abus qui restent impunis, à ces situations injustes qui se transmettent d’une génération à l’autre sans que l’on songe à leur apporter une solution radicale.

Il faut humblement accepter de ne pas pouvoir soulager toute la misère du monde et régler toutes les injustices… Le Seigneur ne nous demande pas d’être Dieu… mais d’être miséricordieux comme lui.

 

Alors en conclusion, disons: Merci! Merci! ô mon Jésus, et donne-nous un cœur à la mesure du Tien!


Sixième conférence : Goûtez la Miséricorde de Dieu : Le sacrement de la Réconciliation

 

Nous avons beaucoup parlé tout au long de ce carême de la Miséricorde… mais il ne faudrait pas oublier avant tout d’en faire l’expérience dans nos propres vies… Mère Teresa écrivait: « Si vous voulez vraiment comprendre l'amour du Christ pour vous, allez vous confesser ».

Et voici ce qu’écrit notre pape au début de cette année sainte de la Miséricorde: «Avec conviction, remettons au centre le sacrement de la Réconciliation, puisqu'il donne à toucher de nos mains la grandeur de la miséricorde. Pour chaque pénitent, ce sera une source d'une véritable paix intérieure.» (bulle indiction)

 

Un sacrement merveilleux… Nous ne ferons pas un cours sur le sacrement de la Réconciliation mais nous essaierons tout simplement de nous laisser saisir par ce que notre pape François qualifie de «don» de Dieu.

Le pardon de nos péchés n’est pas quelque chose que nous pouvons nous donner nous-mêmes. Moi, je ne peux pas dire : je me pardonne mes péchés. Le pardon se demande, il se demande à un autre et dans la confession nous demandons le pardon à Jésus. Le pardon n’est pas le fruit de nos efforts, mais c’est un cadeau, c’est un don de l’Esprit Saint, qui nous comble de la fontaine de miséricorde et de grâce qui jaillit sans cesse du coeur grand ouvert du Christ crucifié et ressuscité. (Pape François)

Un sacrement offert par Jésus lui-même à son Eglise. Jésus lui-même a pardonné les péchés… Nous en avons de multiples témoignages dans l’Evangile… et pour preuve que ce n’était pas là de simples mots, une chimère… il y associe, comme signe, la guérison physique. Ainsi au paralytique de Capharnaüm, il lui dit: «Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison.»… Et saint Marc qui nous rapporte cet épisode de préciser qu’il «se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde».

Ce pouvoir Jésus le transmet à ses apôtres: «En vérité je vous le dis : tout ce que vous lierez sur la terre sera tenu au ciel pour lié, et tout ce que vous délierez sur la terre sera tenu au ciel pour délié» (Mt 18, 18). Et au soir du dimanche de Pâques Jésus ressuscité est plus explicite: «Comme le Père m'a envoyé, moi aussi je vous envoie. Ayant dit cela, il souffla sur eux et leur dit: Recevez l'Esprit Saint. Ceux à qui vous remettrez les péchés, ils leur seront remis; ceux à qui vous les retiendrez, ils leur seront retenus» (Jean 20, 22-23).

Le pardon des péchés n’est pas automatique: les apôtres doivent exercer le discernement avant de donner le pardon ou de le refuser. Cela suppose, bien évidemment, la connaissance de la nature du péché, de ses conditions, de la culpabilité et de la contrition du pénitent. L’apôtre est en quelque sorte établi comme Juge agissant au nom du Christ par la Puissance de Son Esprit.

 

Oui, il s’agit bien d’un jugement mais non pas par un juge froid et insensible mais par un père!... Le geste propre de la tradition des églises orientales est très beau et très parlant. Quand le confesseur accueille le pénitent, il lui pose l’étole sur la tête et pose un bras sur ses épaules comme pour une étreinte. C’est un geste d’accueil et de miséricorde qui manifeste bien que nous ne sommes pas là avant tout pour être jugés mais pour faire l’expérience de l’amour d’un père. Et cet amour du Père est infini. Jésus ne disait-il pas à Sainte Faustine: Je veux que les pécheurs m'approchent sans crainte d'aucune sorte ! l'âme fût-elle comme un cadavre en pleine putréfaction, n'y eût-il plus, humainement, aucun remède, il n'en est pas ainsi devant Dieu! Les flammes de ma Miséricorde me consument. Aucun péché, fût-il un abîme d'abjection, n'épuisera ma Miséricorde. C'est pour les pécheurs que j'ai versé tout mon sang. Qu'ils ne craignent donc pas de m'approcher !

Voici comment l’exprime notre Pape François: «Dieu pardonne, toujours,Il est le Dieu qui réconcilie. Il ne se lasse pas de pardonner mais c'est l'homme qui se lasse de demander pardon.Même si tu as vécu une vie de péchés, commis beaucoup de mauvaises choses, mais qu'à la fin, un peu repenti, tu demandes pardon, il te pardonne tout de suite! Il pardonne toujours! Et le pardon de Dieu est gratuit: nul besoin de payer, car le Christ a déjà payé, il suffit de se repentir et de demander pardon. Car ce qui importe à Dieu est de rencontrer l'homme:la confession ne doit pas êtreun jugement ni une formalité mécanique mais une rencontre avecle Seigneur qui réconcilie, t'embrasse et fait la fête.»

En entendant ces paroles, peut-être que certains voudrait me dire: « Oh, père, si vous connaissiez ma vie, vous ne me parleriez pas ainsi ! ». « Pourquoi ?, qu’est-ce que tu as fait ? » ; « Oh, j’en ai fait de grosses ! ». « Mieux ! Va chez Jésus : il aime que tu lui racontes ces choses ! » Lui, il oublie ! Il a, lui, une capacité d’oublier spéciale. Il oublie, il t’embrasse, te prend dans ses bras et te dit seulement : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus » (Jn8, 11) ; Il te donne seulement ce conseil : ne pèche plus. Un mois après, nous sommes dans les mêmes conditions… Retournons vers le Seigneur. Le Seigneur ne se fatigue jamais de pardonner: jamais ! C’est nous qui nous fatiguons de lui demander pardon. Et demandons la grâce de ne pas nous fatiguer de demander pardon, parce que lui ne se fatigue jamais de pardonner. Demandons cette grâce ! (Pape François)

 

Le sacrement de Miséricorde est une œuvre merveilleuse. Le pardon donné est total et irréversible. Dans le sacrement de réconciliation, Dieu pardonne totalement les péchés… il ne se contente pas de les recouvrir pour qu’on ne les voit plus. Ce n’est pas non plus un coup de peinture que l’on donnerait dans une pièce pour la rafraichir et recouvrir la veille couche toute sale! Non, il les efface purement et simplement.

Ceci dit, le confessionnal, nous dit le Pape François, n’est pas pour autant un pressing. Il ne faut pas comprendre le péché comme une tâche et qu’il suffirait d’aller au pressing pour qu’on nous nettoie à sec ou que l’on nous passe à la machine à laver, et le tour serait joué… «Le péché est bien plus qu’une tâche, le péché est une blessure qui doit être soignée, pansée». Le sacrement de la Miséricorde est donc une invention du cœur de notre Dieu qui est vraiment extraordinaire. Non seulement, il pardonne mais guérit et fortifie… il rend plus fort. Qui d’ailleurs n’a pas fait l’expérience qu’après avoir reçu le pardon du Seigneur, il est moins difficile de mener notre combat spirituel… et à l’inverse, plus notre confession est ancienne, plus notre combat est difficile et la chute plus facile.

Mais aussi, ce sacrement nous apporte la paix… une paix profonde. Notre pape nous invite à nous rappeler l’expérience que nous avons pu faire de cette paix reçue… «si nous nous laissons réconcilier dans le Seigneur Jésus avec le Père et avec nos frères, nous pouvons alors être vraiment dans la paix. Et cela, nous l’avons tous ressenti dans le coeur quand nous allons nous confesser, avec un poids sur l’âme, un peu de tristesse ; et quand nous recevons le pardon de Jésus nous sommes en paix, avec cette paix de l’âme si belle que seul Jésus peut donner, seulement Lui».

 

 

Oui, c’est vraiment un sacrement d’amour… c’est une rencontre profonde avec le Christ lui-même qui guérit et qui pardonne. «Les évêques, les prêtres deviennent des instruments de la miséricorde divine. Ils agissent in persona Christi, c’est très beau. C’est la rencontre avec la Miséricorde».

Certes, il reste qu’il nous faut passer par le prêtre qui reste un homme. Et cela peut parfois être pour certains un obstacle difficile à surmonter. Mais comment pourrions-nous attendre du Seigneur son pardon en lui disant, «je veux ton pardon mais je ne veux pas faire ce que tu me demandes…» à savoir aller trouver le prêtre…? Soyons logique!

De plus, nous dit encore notre pape: «Si tu n’es pas capable de parler de tes erreurs avec ton frère, tu peux être sûr que tu seras incapable d’en parler même avec Dieu; et tu finiras par te confesser devant ton miroir, devant toi-même… Se confesser devant un prêtre est une façon des remettre ma vie entre les mains et le cœur d’un autre, qui, à cet instant, agit au nom et pour le compte de Jésus. C’est une façon d’être concret et authentique.»

Demandons donc la grâce de toujours savoir voir le Christ, reconnaître le Christ derrière le ministère du prêtre… Finalement le pape nous dit encore: «chers amis, célébrer le sacrement de la réconciliation signifie être enveloppés par une étreinte chaleureuse : c’est l’étreinte de la miséricorde infinie du Père».

 

Alors, n’ayons pas peur de nous lancer dans cette belle aventure! Une aventure en 4 temps!

* le regret ou la contrition… Combien de fois, le Seigneur a-t-il rappelé la nécessité d’un cœur contrit et humilié… C’est la condition indispensable pour le pardon… Une contrition parfois légère lorsque nous pouvons dire: oh, ceci est mon petit péché mignon! ou encore, j’ai fait ceci ou cela, comme tout le monde! Au contraire, la contrition, dont l’expression la plus belle se résume dans l’acte de contrition que nous sommes invités à dire à la fin de la confession. Cette contrition est finalement la douleur de l’âme devant le péché et la blessure faite à Dieu… et la résolution de lutter de toutes nos forces pour lutter contre le péché.

Voici ce que dit notre pape Frabçois: «il faut s’approcher du sacrement sans tromperies ni demi-vérités, avec douceur et joie, confiants et armés de la « bienheureuse honte », la « vertu de l’humble » qui nous fait nous reconnaître pécheurs».

 

* l’aveu… il consiste en cette confession de nos péchés.

C’est difficile d'avouer ses péchés ! Et pourtant, cet aveu est indispensable… il doit même être total… Pas question de confesser seulement un ou deux péchés… et le CEC prend la peine de préciser qu’il faut avouer même ceux qui sont très secrets.

Pour que cette confession soit bien total, il n’est pas superflu de rappeler l’importance de l’examen de conscience… de la préparation de nos confessions… Mais en même temps, notre examen de conscience ne doit pas se transformer en un séance de torture, un une introspection qui n’en finirait pas… Et sachons que si nous avons sincèrement oublié tel ou tel péché, le Seigneur le pardonne quand même.

 

 

Pensons que de nombreux pécheurs, par leur confession, ont été libérés de fardeaux très lourds ! Saint Jean Marie Vianney encourageait beaucoup à ne pas avoir de fausse honte pour confesser certains péchés plus difficile à avouer. Rappelons-nous que Jésus n’a pas voulu le sacrement de pénitence pour humilier le pécheur mais pour le libérer et le rétablir dans sa dignité d’enfant de Dieu.

Alors, en toute confiance nous pouvons aller voir le prêtre et tout simplement, comme si nous étions avec Jésus, lui avouer ce qui pèse sur notre conscience.

 

* l’absolution

Elle est ce don du pardon. Un cadeau extraordinaire qu’il nous faut recevoir avec un cœur reconnaissant et vibrant d’amour… Ne recevons pas ce pardon avec routine… C’est à chaque fois une œuvre de re-création que le Seigneur réalise en nous!

Et il n’est peut-être pas inutile de rappeler que ce pardon est une ouvre d’amour du Seigneur qui ne peut se réaliser que dans une relation d’intimité d’amour… Le pardon, sauf car extrême, ne peut donc pas être une œuvre collective!

 

* la satisfaction ou pénitence

Le prêtre te demandera sûrement de dire une prière ou de faire quelque chose en réparation de tes péchés. On l'appelle la "pénitence".

La pénitence sacramentelle n’est pas en rapport, c’est vrai, avec la grandeur du pardon de Dieu! Personne ne peut acheter le pardon de Dieu: le prix est trop élevé! Jésus, seul, a pu l’acheter pour nous: c’est le prix de la Rédemption! Ne nous offusquons pas si le prêtre nous donne une pénitence sacramentelle que nous jugeons trop « légère»! Il ne s’agit pas de payer le prix mais de manifester notre volonté de fidélité au Seigneur. N’oublions pas de l’accomplir pour montrer au Seigneur notre désir de repartir d’un «bon pied», en menant le combat contre nos défauts.

 

Pour terminer, j’aimerai vous mettre en garde contre 3 tentations, 3 obstacles contre la bonne réception de cette miséricorde du Seigneur.

- l’orgueil

Lorsque nous venons demander pardon au Seigneur, ne cherchons pas à nous justifier: ce n’est pas ma faute, je me suis laissé entrainer, il y a telle circonstance qui ont fait que… ce n’est pas bien grave… ce n’est rien… Ne nous justifions pas, ne cherchons pas à atténuer notre péché au risque d’être accusé par le Seigneur lui-même!… Accusons-nous, alors le Seigneur, lui nous justifiera. Ce qui plait au Seigneur, c’est un cœur contrit et humilié… c’est même la clef pour recevoir à flot la miséricorde du Seigneur.

 

- le fausse honte

Que va penser de moi le prêtre, si je dis cela? N’ayons pas peur… Rappelons-nous déjà que le prêtre lui-même est pécheur, que lui aussi a besoin de se confesser régulièrement… mais surtout, il n’est pas là en son nom propre mais au nom du Seigneur. Et il y a plus de joie au ciel pour un pécheur qui se repend que pour 99 justes qui n’ont pas besoin de pardon. Je peux vous dire, qu’effectivement, le prêtre ressent une joie profonde lorsqu’un pécheur est parvenu à confier au Seigneur quelque chose qui était lourd.

 

- le découragement

Ce péché est trop grave, Dieu ne peut pas me pardonner… C’est faux! le seul péché impardonnable est le refus de la Miséricorde, du pardon! Ne doutons donc pas de la Miséricorde… repensons aux paroles de Jésus à Ste Faustine…

Autre tentation: je retombe toujours dans le même ou les mêmes péchés, cette fois-ci, Dieu ne pourra pas me pardonner. Permettez-moi une petite histoire: un jour, en Espagne, un homme venait régulièrement se confesser et s’accusait toujours d’un même péché… Un jour, son confesseur lui a dit: ‘mais ce n’est pas possible, je ne peux plus vous donner le pardon, vous accusez toujours le même péché, vous ne le regrettez pas à recommencer ainsi sans cesse!’ L’homme insiste: ‘mais non, Père, je vous assure, je ne veux pas mais je n’y parviens pas’… Mais ce jour-là, le prêtre lui dit ‘non, ça suffit, je ne peux plus te donner le pardon’. L’homme tout triste a alors jeté un regard vers la Croix qui se trouvait devant lui dans le confessionnal… et voici que soudain, la main de Jésus s’est détaché de la Croix et une voix s’est fait entendre: ‘Tu m’as coûté bien trop cher. Moi, je te pardonne!’

Alors, pas de découragement! Voici ce que nous dit encore notre pape: «Et si demain je fais la même chose ? Tu y vas une autre fois, tu y vas et tu y vas et tu y vas. Il nous attend toujours. Cette tendresse du Seigneur, cette humilité, cette douceur ».

 

Conclusion

Laissons parler notre pape:

«Alors, aller se confesser n’est pas une séance de torture ? Non ! C’est aller louer Dieu, car moi, pécheur, j’ai été sauvé par Lui. Et Lui, il m’attend pour me donner des coups de bâton ? Non, avec tendresse pour me pardonner».

«Il ne faut pas avoir peur de la confession! Quand la confession se termine, le pénitent sort libre, grand, beau, pardonné, blanc, heureux. C’est ce qui est beau dans la confession ! Je voudrais vous demander — mais ne le dites pas à haute voix, que chacun se réponde dans son coeur: quand t’es-tu confessé, quand t’es-tu confessée pour la dernière fois ? Que chacun y pense... Cela fait deux jours, deux semaines, deux ans, vingt ans, quarante ans ? Que chacun fasse le compte, mais que chacun se dise : quand est-ce que je me suis confessé la dernière fois ? Et si beaucoup de temps s’est écoulé, ne perds pas un jour de plus, va, le prêtre sera bon. Jésus est là, et Jésus est plus bon que les prêtres, Jésus te reçoit, il te reçoit avec tant d’amour. Sois courageux et va te confesser !»

«Chaque fois que nous nous confessons, Dieu nous embrasse, Dieu fait la fête ! Allons de l’avant sur cette route».










NOUVEAU ET A VENIR
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Chroniques du Carmel

Chroniques de l’année 2016

Une année placée sous le signe de la Miséricorde «Voici cette année qui va s'abîmer dans le gouffre où toutes les autres se sont à présent anéanties.» Mais avant qu'elle ne s'enfonce définitivement dans ce gouffre, comme le dit si bien saint François de Sales, en voici les principaux événements.

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