Le Carmel de Vinça

Chroniques de l’année 2015 au carmel de Vinça

27/01/2016

L’an dernier, nous avions évoqué rapidement la visite dans notre monastère d’une personnalité, et non des moindres, puisqu’il s’agit de… notre Mère Sainte Thérèse d’Avila en personne. En cette année où nous fêtons les 500 ans de sa naissance, nous avons en effet la grâce d’accueillir la relique de son pied droit, qui pérégrine pour l’occasion de carmels en carmels.

Et en ce vendredi 14 novembre, c’est dans notre « petit Colombier » qu’elle s’arrête. A 9h30, avec plus de deux heures d'avance sur l'horaire prévu (nous sommes donc en plein ménage, mais cela n'aurait pas fâché notre Sainte fondatrice), le Père Luc-Marie, carme de Toulouse chargé de ce singulier voyage, se présente à la porte de clôture avec le précieux reliquaire. Toute la communauté est là, bien émue, pour recevoir la Sainte Mère et la conduire au chœur. Nous prions un moment avec elle, bien conscientes de vivre un moment exceptionnel. Dire que ce pied qui a parcouru tant de kilomètres pour fonder des carmels où « le Seigneur trouverait ses délices » est ici parmi nous ! A la récréation, au milieu des chants, nous partons en procession, relique en tête, à travers jardins et bâtiments, pour que la « Madre fundadora » parcoure avec nous, en chair et en os, tout son petit carmel de Vinça et le bénisse. Dans l’après-midi, le reliquaire est solennellement porté à la chapelle où le Père Luc-Marie remue l'assistance, d'abord par sa conférence, puis par l'homélie de la messe qui suit. Une veillée de prière clôture cette journée riche en ferveur et émotions. Nous profitons ensuite des dernières heures en la sainte compagnie de notre Mère avant de la confier, un peu à contrecœur, toutes la larme à l’œil, à notre frère… Nous l’aurions bien gardé chez nous, notre sainte Mère !...

Mais nous n’avons même pas le temps de pleurer car une semaine après cet événement historique, une autre fête de famille nous attend. Mère Marie-Françoise célèbre son jubiléd'or, c'est à dire ses 50 ans de Profession religieuse. Tout l'Aveyron catholique rejoint Vinça en bus spécial, en voiture et même en avion ! Et Vinça devient ainsi le centre du monde ! Les groupes se succèdent au parloir, à la chapelle, à la boutique. Fouaces, Roquefort, gâteaux à la broche emplissent le Tour. Monseigneur Fonlupt, évêque de Rodez et Vabres, arrive lui aussi, tant attendu. Pour quelques heures, le carmel aveyronnais et son entourage se reforme car même sœur Marie-Claire, la seule Ruthénoise partie à Figeac, est présente parmi nous.

A midi, une centaine d’Aveyronnais, évêque en tête, se retrouvent dans la grande salle municipale, prêtée gracieusement pour l’occasion, pour un repas convivial.

Puis vient l’Eucharistie d’action de grâces pour ces 50 ans de fidélité présidée par Monseigneur Fonlupt. La chapelle est comble. Parmi les prêtres de l’Aveyron, se trouve, très ému, le Père Bousquier, dernier aumônier du carmel de Rodez et qui a aussi enseigné le catéchisme à notre Mère Marie-Bénédicte. Le diocèse de Perpignan est représenté par les Pères Marco et Rossini, ce dernier étant devenu un habitué de notre monastère.

La journée se termine dans les salles de l’accueil pour un goûter festif avant de reprendre la route. On s’écrase un peu contre la grille du parloir, chacun voulant glisser un mot, demander une prière à Mère Marie-Françoise, ou lui offrir un cadeau. Celui de Monseigneur Fonlupt consiste en un superbe panier de spécialités aveyronnaises, miam. « Et s’il vous faut un indult pour manger tout cela, je vous le donne ! » nous dit-il. Puis, plus sérieusement, il déploie devant nous les plans du futur évêché de Rodez, qui occupera avec bonheur les murs du carmel laissé par nos sœurs.

Nous nous remettons à peine de ce jubilé qu’un départ s’annonce : nos deux plus jeunes sœurs, sœur Marie-Roxane et sœur Marie partent pour une mini-session, organisée par notre Fédération au couvent de nos frères carmes du Broussey. Elles reviennent enchantées : l’accueil des frères était on-ne-peut-plus fraternel, les enseignements excellents, les sœurs fort sympathiques, les lieux chargés d’histoire sainte. Début janvier, elles vivront, cette fois-ci au carmel, une expérience similaire lors d’une journée d’amitié et de réflexion avec les jeunes religieux et religieuses de la Région apostolique, organisée par la Corref-jeunes.

Nous voici entrées en Avent et la crèche de la chapelle accueillera cette année des carmélites qui partent à Bethléem en chariot avec tous les bergers catalans pour saluer l’Enfant Jésus, en ce jubilé thérésien. Le 15 Décembre, pour la fête (reportée) de saint Jean de la Croix, le Père Malirach bénit deux toiles, provenant du carmel du Dorat et désormais installées dans la nef et restaurées par nos amies Nouchka Le Trieu et Hélène Legrand. Ces beaux tableaux ovales, qui d’emblée se sont harmonisés à l’ensemble de la chapelle, représentent nos « Saints Parents », Thérèse d’Avila et Jean de la Croix.

Deux jours plus tard, c’est donc sous leurs regards que s’ouvre pour le diocèse l’Année de la Vie consacrée. Nous apprécions que cette journée inaugurale se passe au carmel afin que nous puissions y participer. C’est également pour nous le moment de faire connaissance au parloir avec notre nouvel évêque, Monseigneur Norbert Turini. Nous sommes touchées par sa simplicité et sa sollicitude pastorale. Nous nous retrouvons ensuite à la chapelle où se pressent une bonne soixantaine de religieux et de religieuses, de tous âges et de tous horizons, dont nos chères sœurs Carmélites Missionnaires du Parc Ducup. Chaque congrégation présente son charisme, sous l’œil attentif du Père Malirach, vicaire épiscopal en charge de la vie religieuse et de Monseigneur. Celui-ci conclut chaque exposé par une touche personnelle, pleine d’intérêt et d’encouragement. Nous découvrons avec admiration le rayonnement évangélique et humain que peuvent avoir tant de communautés et même de toutes petites fraternités dans lesquelles les sœurs ont pourtant bien passé l’âge de la retraite. A 16 heures, la messe est présidée par Monseigneur Turini, entouré d’une dizaine de religieux-prêtres. Nous concluons cette rencontre au parloir, dans la joie des retrouvailles ou de la rencontre de tant de nos frères et sœurs dans le Christ…une journée toute fraternelle, journée d’Eglise, journée de Ciel !

Après de joyeuses et sereines fêtes de la Nativité, s’ouvre avec l’Epiphanie une année 2015 sous la protection de « notre Père saint Jean de la Croix ». Il faut avouer que nous sommes un peu déçues, la plupart d’entre nous ayant rêvé que ce serait « notre Mère sainte Thérèse » qui sortirait de la corbeille. Pauvre saint Jean de la Croix ! Mais humble et effacé comme il l’a toujours été, il ne nous en voudra pas et d’ailleurs pour nous le prouver, il nous offrira de beaux cadeaux…

La journée du 7 Janvier passe comme toutes les autres. Ce n’est que le lendemain matin que nous apprenons le terrible carnage perpétré contre les journalistes de Charlie Hebdo et les personnes présentes dans un supermarché parisien. Nous sommes sous le choc, comme tous nos compatriotes mais comprenons avec encore plus d’acuité que jamais combien sont nécessaires notre prière et l’offrande de nous-mêmes pour notre France « Fille aînée de l’Eglise ».

Le Dimanche 18 Janvier a été choisi pour l’installation officielle de notre évêque dans sa nouvelle cathédrale Saint Jean-Baptiste de Perpignan, sous haute surveillance, compte tenu des récents événements, d’autant que le co-prince d’Andorre, l’évêque de la Seu d’Urgell, est présent à la cérémonie : depuis la frontière, il a été escorté de quatre motards. Quant à nous, nous suivons la Messe sur « Radio-Présence », et si nous ne voyons rien, nous entendons bien mieux que les personnes effectivement présentes dans la cathédrale.

Et le mois de janvier s’achève par une session de chant que nous donne le cher Père Vincent-Marie du couvent de Montpellier qui a réussi à abandonner pour deux jours ses novices carmes. Que de conseils nous donne-t-il pour améliorer la beauté de la liturgie. Qu’il en soit vivement remercié.

La Providence veut que nous restions dans le registre de la formation musicale puisque quelques semaines plus tard, Mademoiselle Marthe Davost, élève du Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, amie de la communauté, nous fait profiter de ses dons en nous offrant une autre session de chant. Nous sommes impressionnées par sa maturité artistique, ses talents de pédagogue et surtout sa grande gentillesse, sa simplicité… et sa patience avec les pauvres « castafiores » que nous sommes !

Aussitôt après, nous enchainons sur les visites successives du Père Luc-Marie puis du Père Marie-Laurent qui nous donnent des conférences sur notre Mère Sainte Thérèse, Année jubilaire oblige, et enfin du Père Pierre de la Vierge (Pierre Eliane) pour une soirée-concert très méritoire : après avoir bravé des trombes d’eau et un fort vent depuis Bordeaux, il donne son récital devant une assistance réduite à …trois personnes qui ont été les seules à ne pas se décourager devant les cataractes qui s’abattent sur la région.

Nous voici enfin au cœur de l’année thérésienne : le 28 mars. C’est « aux premières lueurs de l’aurore » que ce jour-là, en 1515, naquit Thérèse de Ahumada. Notre oraison matinale est offerte pour la paix, selon la demande même du Pape. Point de carme ce jour, ils sont retenus dans leur propre couvent pour vivre comme nous cet anniversaire en communauté. C’est donc le Père Marco qui célèbre la messe et nous gratifie d’une homélie de circonstance, à la hauteur de l’événement. A midi, nous offrons à la « Madre Teresa » représentée par une petite statue, un gâteau d’anniversaire illuminé de bougies (le gâteau, c’est nous qui le mangeons). Dans l’après-midi, avant les vêpres des Rameaux, un diaporama sur la vie et l’œuvre de sainte Thérèse, admirablement réalisé par le carmel de Lourdes, est diffusé dans la chapelle ; les quelques personnes présentent sont ravies de ce documentaire sobre, clair et profond.

Nous vivons la Semaine Sainte avec notre ami rabastinois, le Père Régis. Nous apprécions d’autant plus sa disponibilité à assurer cette semaine chargée qu’il se relève à peine d’une bronchite tenace. Notons au passage le courage et le dévouement de nos prêtres pour nous assurer le Pain eucharistique tous les jours de l’année, au prix de bien des sacrifices et de fatigues pour certains. Bien sûr, notre prière les tient toujours par la main…

Pâques vient nous redire la victoire de la Vie sur toute mort et tout péché et c’est dans ce temps de joie, de liturgie triomphante et d’éclosion du printemps que, le 19 avril, nous célébrons un second jubilé, d’argent celui-là : sœur Catherine fête ses 25 ans de profession religieuse. La chapelle est magnifiquement ornée. Plusieurs Vinçanais ont offert les roses pour le grand Christ, une amie nous a généreusement pourvues en pivoines, muguet et lilas. Un vrai « sacre du printemps !!! ». Monseigneur Turini préside l’eucharistie, entouré du Père Soulet (lui-même jubilaire deux mois plus tard), des Pères Malirach, Rossini et bien sûr du Père Marco. De l’Aude est venu le Père Olivier Escaffit, cousin de sœur Catherine. Celle-ci est rayonnante sous sa couronne de fleurs fraîches, bien fortifiée et encouragée par la grâce du Seigneur pour les 25 ans à venir !

Notre allégresse se prolonge le 29 avril pour la Sainte Catherine. Ce jour est marqué par deux grands événements. Monseigneur Turini passe la journée au carmel à l’occasion de sa première visite pastorale qui se déroule dans un climat de confiance et de joie Nous admirons avec lui le splendide vitrail que notre ami Gérard Milon est venu poser la veille, au-dessus de la grande porte de la chapelle et symbolisant Notre-Dame de l’Assomption, titulaire du lieu.

Moins d’un mois après, c’est tout l’Ordre du Carmel qui se réjouit avec les chrétiens de Terre Sainte pour la canonisation de sœur Marie de Jésus Crucifié, carmélite originaire de Palestine (1846-1878) et qui a vécu en France. Avec elle, trois autres religieuses sont portées sur les autels dont une Française, sainte Jeanne-Emilie de Villeneuve, fondatrice des « sœurs bleues de Castres ». Dans la discrétion d’une tribune accolée à la basilique Sainte-Pierre de Rome, quelques carmélites de Terre Sainte et de Syrie suivent la magnifique cérémonie de canonisation.

Le lendemain de ce grand jour, nous recevons pour une visite fraternelle notre Présidente fédérale, sœur Isabelle du carmel de Bayonne. Nous lui offrons une récréation festive : madison, sardane, sévillane, chants thérésiens… on se croirait de l’autre côté des Pyrénées, avec celle dont nous célébrons les 500 ans cette année.

Mais nous sommes bien en ce siècle, et deux jours après, nous apprenons que Palmyre est tombée aux mains du prétendu « Etat Islamique ».

Pour Pentecôte nous retrouvons le Père Cabié qui prêche toujours admirablement mais se fatigue vite. Le Père Malirach vient donc seconder son ancien professeur de liturgie et en profite pour faire son éloge : avec le Père Martimort, « il a fait passer la liturgie pré-conciliaire à celle d’après Concile… »

Une session sur l’Evangile de Saint Marc donnée par le Père Dominique, prieur de l’abbaye de Lagrasse, nous apporte une méthode bien vivante pour lire les Evangiles : vraiment passionnant ! Elle clôture ce beau mois de Marie.

La fin du mois de juin est marquée par le passage du Père Gilbert Combes, l’oncle bénédictin de notre Mère, missionnaire émérite maintenant revenu à son Abbaye d’origine, En-Calcat. Il est accompagné du frère Alphonse de l’Abbaye de Koubri (Burkina-Faso) et de Michèle, leur fidèle et dévoué chauffeur, amie de longue date du Père Gilbert. Ces retrouvailles nous procurent une joie profonde et inespérée…

La première décade de juillet voit apparaître un des plus heureux événements de l’année : l’impression du livre retraçant l’histoire de notre carmel, fruit de quatre années studieuses et parfois douloureuses de recherches historiques et de rédaction. La mise en page est particulièrement soignée et réussie grâce au talent de sœur Cécile, la graphiste des Editions du Carmel. Nous sommes largement récompensées de tous nos efforts et des interminables relectures et corrections des derniers mois ! (En vente au carmel et sur ce site en cliquant ici)

La « Mission de l’Eglise universelle » réunit chez nous, le 16 juillet pour Notre-Dame du Mont -Carmel tous les prêtres étrangers venus prêter main-forte dans le diocèse. C’est l’occasion d’une belle messe internationale, tous les continents étant représentés, suivie d’un bref échange au parloir. Mais Notre-Dame du Mont-Carmel, nous la fêtons solennellement le dimanche suivant par une journée festive où nous regroupons plusieurs événements : sortie officielle et dédicace du livre, repas de nos familles, concert par la chorale « Les amis de l’UNESCO de Barcelone » dont fait partie sœur Maïté Cabié, la sœur de sœur Anne, le tout couronné par la Messe célébrée par le Père Joël Adoue, prêtre du diocèse que nous sommes heureuses de revoir, plein de simplicité et de ferveur.

La fin de ce mois nous ménage encore une rencontre d’une grande richesse : le Père William-Marie Merchat vient se reposer chez nous avec un jeune prêtre, le Père Nicolas Dumas, ordonné le 29 juin à Nîmes. Le Père William-Marie est un proche du Carmel, ami du carmel de Bethléem et de notre carmel et spécialiste de notre sœur Marie de Jésus Crucifié. Il se trouvait le 17 mai sur la Place Saint-Pierre pour sa canonisation, et le lendemain, dans le palais apostolique pour l’audience privée avec le Saint-Père. Il nous commente les photos qu’il a prises, ce qui nous permet de découvrir de l’intérieur les « coulisses » de ce magnifique événement.

Mardi 4 août nous abandonnons pour deux jours notre atelier de confitures qui nous laisse rarement chômer, pour notre traditionnelle session d’été de Droit canonique donnée par notre amie Madame Tuffery-Andrieu : dignité humaine et travail du dimanche sont au programme cette année. Absolument passionnant, très instructif et d’actualité. Nous regardons avec un œil encore plus inquiet notre pays qui s’enfonce dans des lois sans issue et contraires au bien des personnes. Aussitôt après, nous recevons des Scouts routiers de Versailles et leur aumônier. Notre chapelle résonne de leurs chants…un chœur de 20 jeunes gens, pensez-vous ! Nous sommes édifiées par leur ferveur et admiratives devant leur travail sur nos terres. Merci mille fois ! Le mois d’août s’achève par la visite du Père Jean-Kamel, prêtre du diocèse d’Albi, que nous n’avions pas revu depuis plusieurs années. Peu après, notre Mère et sœur Marie partent à Poissy pour une grande session de formation sur notre Mère Sainte Thérèse qui, pour la première fois, rassemble les trois fédérations des Carmélites de France : entre novices et jeunes professes de tous âges, maîtresses des novices et conseillères fédérales, la communion est immédiate, dans une grande simplicité et une joie toute thérésienne. Des carmélites de Hongrie et une exilée de Syrie élargissent encore leur horizon, les enseignements sont très riches et l’accueil des membres du Foyer de Charité extrêmement bienveillant. Nos voyageuses nous reviennent au soir du 4 septembre ravies et fortifiées dans leur vocation.

Octobre nous réserve encore bien des gloires thérésiennes, avec, le 1er, la fête de sainte Thérèse de Lisieux. Le Père Benoît de Roeck, invité à prêcher ce jour-là, se retrouve devant une assemblée très nombreuse et recueillie. Notre jeune prêtre diocésain, alliant profondeur et humour, séduit tout son monde.

Entre les fêtes thérésiennes de ce mois, c’est le Père Marie-Philippe, provincial des carmes d’Avignon-Aquitaine et assistant de notre Fédération, qui vient nous stimuler à marcher toujours davantage sur le chemin de la communion, communion enracinée dans la confiance et soutenue par le pardon. Nous apprécions, ô combien ce moment de partage ainsi que le parloir tout thérésien que nous avons avec lui et où nous ne résistons pas à la joie de lui danser une sardane !

Et le dimanche 18 octobre nous revoici en fête pour la clôture de l’année des 500 ans de notre Mère sainte Thérèse (d’Avila). Le frère Angelo-Marie, carme de Montpellier, a accepté de donner une conférence avant la messe solennelle. Il l’intitule : « Pour Vous je suis née » titre d’une des poésies de la Madre, et thème de l’Année jubilaire. Pendant plus d’une heure, devant un auditoire nombreux et extrêmement attentif, il développe tout le parcours spirituel de celle qui rêve de nous voir le parcourir à sa suite. Monseigneur Turini entre très discrètement pout ne pas rompre le charme, et à 17 heures, la messe qu’il préside peut commencer, enrichie encore par la présence du Pères Soulet, du Père Malirach et du diacre pradéen Pascal Buzenac. En ce jour, l’Eglise célèbre en outre la Journée de la Mission Universelle et à Rome, au cœur du Synode de la Famille, Le pape François canonise le premier couple de l’Histoire : Louis et Zélie Martin, les parents de notre très française sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Pour le Carmel de France, c’est aussi l’anniversaire de l’arrivée à Paris de nos premières « Mères espagnoles », et pour notre diocèse et son Pasteur, celui de l’annonce officielle, il y a un an, de la nomination de Monseigneur Turini à Perpignan ! La chapelle, littéralement, « déborde » de monde et de recueillement.

Trois jours après, nous avons la joie de recevoir le révérend Père abbé des Chanoines de Lagrasse, le Père Emmanuel-Marie, pour une session passionnante sur les vertus morales. Nous espérons qu’il pourra revenir, malgré sa lourde charge, pour approfondir ce thème.

Il manquait encore quelque chose à notre joie, ou plutôt quelqu’un : le Père Thierry-Joseph, ancien prieur des carmes de Montpellier, depuis 5 ans au Canada, apôtre de ces vastes étendues gelées où l’on parle encore un français délicieusement désuet. Venu avec sa maman passer quelques jours de repos chez notre voisine, Vivette, il nous assure l’eucharistie quotidienne, notamment celle du dimanche 25 octobre dont le sermon mémorable réveille et soulève l’enthousiasme de l’auditoire.

Les 11 et 12 novembre, après plusieurs reports, nous pouvons enfin nous retrouver dans une ambiance familiale pour la fête de notre Mère, cette année aux couleurs de l’encyclique papale « Laudato si » sur la sauvegarde de la maison commune.

Le 13 Novembre, on range… Et le 14 au matin, nous apprenons les tragiques événements de la veille à Paris. Très vite, une riposte de prière se met en place…

Lundi 23 Novembre, nous entrons d’ailleurs en retraite communautaire sous la houlette du Père Luc-Marie déjà présenté. Retraite centrée sur nos vœux de chasteté, pauvreté, obéissance… pour conclure cette « Année de la Vie consacrée » tout en nous préparant à entrer dans l’Avent et dans l’Année de la Miséricorde voulue, avec raison, par notre Saint-Père !

Toujours mieux vivre notre vie de consacrées, être saintes pour sauver les âmes, voilà à quoi correspond notre vocation au Carmel. C’est ce désir que le Père Luc-Marie aura grandement éveillé en nos cœurs pendant ces quelques jours.

Et depuis le 1er décembre, nous accueillons le Père Etienne pour une année à l’aumônerie du monastère. Que nos vocations complémentaires nous aident mutuellement à toujours aimer et faire aimer Jésus, le petit Roi d’amour que nous contemplerons dansquelques jours à la crèche. En Lui, Dieu nous fait miséricorde… Avec Lui, franchissons dans la confiance, la joie et l’espérance le seuil du Jubilé de la Miséricorde et ne nous lassons pas de porter cet Amour miséricordieux dans notre monde en feu.

A vous tous, parents, amis et bienfaiteurs, à notre cher évêque, à nos chers prêtres et frères qui nous aidez à mieux vivre spirituellement et matériellement notre vie religieuse, toute notre prière fidèle et notre reconnaissance infinie.

Sainte année 2016.

Vos sœurs de Vinça.


PROCHAINEMENT
Tous les dimanches, l'accueil et la boutique du monastère sont fermés à partir de 12h.

 

Chroniques du Carmel

Chroniques de l’année 2017

Avant que 2017 cède la place à 2018 et entre dans l'Histoire (et l'Histoire sainte, espérons-le en toute modestie!), essayons de tracer quelques lignes de cette année d'espoirs et de deuils, de labeurs et de foi. Mais comme l'homme ne se sent vraiment à l'aise que dans des suites chronologiques, nous respecterons cet ordre, même s'il n'est pas très original...

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