Le Carmel de Vinça

Chroniques de l’année 2017

29/01/2018

Nous avions conclu 2016 sur le jubilé de platine de notre doyenne, Sœur Marie-Bernadette, le 14 novembre 2016. Quelques jours après, le 19 novembre, c'est tout l'Ordre du Carmel et en particulier notre Province d'Avignon-Aquitaine qui se réjouit de la béatification du Père Marie-Eugène de l'Enfant-Jésus (1894-1967), en Avignon, au cours d'une célébration grandiose que nous avons la grâce de suivre en direct via Internet : quelle joie d’y reconnaître quelques évêques, presque tous nos frères carmes qui ont déserté leur couvent pour l'occasion et notre grand ami, le Père William-Marie Merchat qui dirige merveilleusement le chœur de chant! Le lendemain, la solennité du Christ-Roi de l'Univers conclut l'Année de la Miséricorde voulue par notre Pape François et le 30, notre Sœur Marie-Bernadette du Christ Roi remplie de zèle et d’amour pour son Seigneur atteint, en toute lucidité, ses 97 ans de vie. Cela encourage les aînées…et les jeunes sur le Chemin de perfection!!!

L'Avent nous voit bien actives encore: l’imposante crèche de la chapelle ne se fait pas toute seule, les coffrets-dégustation de Noël non plus, mais tout cela dans un climat de douce et joyeuse attente de l’Enfant-Dieu…

La veille du 8 décembre, la sœur de Mère Brigitte, Madame de Genouillac, s'envole pour son éternité. Nous avons beaucoup de peine car nous l’aimions beaucoup notre Nanie…

Noël! Le Père Christophe Lembrez, membre de la communauté de la Croix Glorieuse de Perpignan, providentiellement notre aumônier depuis peu, attire de plus en plus de fidèles à la chapelle par ses homélies pleines de cœur et d'intelligence de la foi, bref de vraies catéchèses. Nous ne nous lasserons pas de l’écouter au cours des quelques mois qu’il passera à Vinça.

Ora et labora: la devise bénédictine se vérifie chez les carmélites également. Le travail nous talonne en effet depuis les indispensables et tatillonnes mises aux normes; les nouvelles étiquettes de confitures arrivent les derniers jours de l'année, alors que s'amoncellent les caisses pleines de pots «à étiqueter» et que le TPE (comprenez: le boitier qui permet de vider les comptes de nos clients via leur carte bancaire!!) est installé au magasin le jour des Saints Innocents! Et oui, ce n’est pas une blague…

Nous saluons l’année 2017 par une matinée d'adoration du Saint-Sacrement, suivie d'une après-midi passionnée autour du«jeu de l'ange», jeu de l'oie à thème religieux retrouvé lors de rangements. Laquelle d’entre nous ira en premier au Paradis?!

Nous concluons les fêtes de la Nativité le jour de l’Épiphanie en recevant comme Reine de l'année sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus, et en accueillant encore une fois avec bonheur le Pessebre d’Ille-sur-Têt (crèche vivante catalane) dans notre chapelle.

Le 11 janvier, nous apprenons le décès du Père Maurice Py, fier Catalan devant l’Éternel. Desservant du Carmel pendant quelques temps, nous ne sommes pas prêtes d’oublier ses homélies hautes en couleurs et en saveurs…catalanes bien évidemment. Il faut dire qu’avant d’être prêtre, il était pêcheur en Méditerranée!

Le 12 janvier, une visite inattendue nous réjouit: Don François Lamarque, prêtre de la Communauté Saint-Martin en charge de Font-Romeu, introduit dans notre parloir Don Paul Préaux, son modérateur général. Il vient mendier notre prière pour que le Seigneur multiplie ses cent-dix séminaristes par quatre, afin de satisfaire à toutes les demandes d’évêques! Quelle mission ardue tombe sur nos épaules…, enfin, nous allons essayer de devenir de plus en plus saintes afin que naissent beaucoup de vocations de séminaristes… N’est-ce pas notre mission première de carmélites?

Pendant ce temps, notre équipe de maçons prépare les futurs travaux à «Notre-Dame des Anges», l'ancien syndicat agricole que nous avons acquis grâce à la tirelire de nos sœurs de Rodez: début d'un vaste projet, trop vaste d’ailleurs pour notre petite communauté, et dont nous aurons l'occasion de vous reparler…

Sur ces entrefaites, c’est au tour du frère de notre soeur Marie-Françoise, Monsieur Pierre Valentin, malade depuis quelques années, de partir pour la Patrie. Il se préparait à ce beau moment depuis si longtemps… mais cela reste toujours une peine pour nous de voir s’envoler «notre» grand-frère.


2017 est l'année du centenaire des apparitions de Notre-Dame aux trois pastoureaux de Fatima. Or, en ce mois de février, par un invraisemblable concours de circonstances, de générosités entremêlées et de passion pour notre patrimoine, c'est une antique Vierge qui nous revient. Nous accueillons solennellement, avec ferveur et émotion une belle statue du XIVème siècle devant laquelle tant de Vinçanais ont prié pendant des siècles, et que nous baptisons «Notre-Dame des Grâces». Quelle surprise de découvrir le lendemain le titre de l’Indépendant «Vinça: la Vierge de retour» illustré par une photo de famille autour de cette belle représentation de la Mère de Dieu…

Le 1er mars, l’Eglise entre en Carême. Pour cheminer, et même courir jusqu’à Pâques, tous les dimanches de cette période, les vêpres sont scandées par des méditations du Père Christophe, méditations athlétiques ayant pour thème l’image de la course de saint Paul. Et vive l’ascension vers Pâques: bien entraînées, c’est mieux!

Ce Carême voit aussi revenir, pour notre bonheur, le Père Jean-Baptiste de l'Abbaye de Lagrasse, fraîchement reçu «summa cum laude» à sa thèse de doctorat sur… le Démon. Il nous en parle le premier jour avant d'introduire un cours passionnant sur l’histoire de l’Eglise et qui nous occupera quelque temps.Le 21 mars, nous renouvelons, avec grande joie l'expérience vécue lors de l'Année de la Vie consacrée en accueillant les religieuses du diocèse pour une journée de récollection, de formation et de fraternité, autour de notre évêque qui préside l'Eucharistie et du Père dominicain de Toulouse Arnault Blunat. Ce dernier nous donne deux conférences bien équilibrées sur l’exhortation Amoris laetitia du Pape François. Le même soir, alors que l'on sonne au portail pour des confitures oubliées, sœur Marie-Roxane «tombe» sur une vision inédite: sur le trottoir d'en face, une dizaine de petits chanoines en blanc bien alignés rient de l'effet qu'ils produisent!

Le dernier jour de mars, une jeune sœur nous arrive pour le service du tour: Sœur Suhaïla. Originaire du Brésil, elle est en transfert chez nous depuis la communauté des Carmélites Messagères du Saint-Esprit. Sœur Suhaila réjouit nos voisins de sa présence et inaugure une période de stages de jeunes filles attirées par notre genre de vie.

La Semaine sainte déploie déjà ses fastes et ses fatigues quand cinq des six séminaristes du diocèse profitent des vacances pour venir nous visiter, fort galamment munis d'une orchidée, d'une courge et de citrons locaux, toujours bienvenus! La messe est enrichie de leur présence, «l'avenir du diocèse» annonce le Père Christophe, qui profite de cette veille de Jeudi saint pour bénir le petit tabernacle restauré par notre amie Hélène Legrand. Sœur Marie-Bernadette, qui a dû être hospitalisée quelques jours pour une bronchite nous revient ce soir-là.

Pâques arrive enfin avec sa lumière neuve, et bientôt les élections priorales qui redonnent la houlette de bergère à Mère Marie-Bénédicte. A peine élue, la voici qui part à la réunion annuelle des prieures à Paris chez les Bénédictines de Montmartre.

Le dimanche 7 mai est à la fois le dimanche du Bon Pasteur et celui, en France, des élections présidentielles. Nous fêtons notre Mère et le lendemain les conseillères. Juste après ces réjouissances, une petite agnelle, Marie, se présente à la porte pour un stage…

Samedi 13 mai, notre aumônier célèbre la Messe au Cœur Immaculé de Marie, et en ce jour de la canonisation des petits pastoureaux de Fatima, Jacinthe et François Marto, il fait le lien entre le Bon Pasteur fêté le dimanche précédent et leur propre vie. Nous suivons ensuite la célébration papale à Fatima, grandiose et recueillie.

Un peu moins d'un mois après, le Père Luc-Marie nous revient de Toulouse mais aussi de Fatima, pour nous parler des événements et du message de ce lieu saint qui, il y a cent ans, n'était qu'un village perdu, tout à l'Ouest du continent européen alors ravagé par le guerre, alors qu'à l'autre extrémité de l'Europe, un certain Lénine arrivait en Russie… A la fin de cette magnifique session, nous nous consacrons toutes avec beaucoup de dévotion au Cœur Immaculé de Marie qui sera toujours plus notre refuge…

Le dernier dimanche de juin, nous faisons nos adieux au Père Christophe, réalisant avec peine combien nous avons été gâtées avec nos deux aumôniers successifs ! Deux jours après, nous sommes informées de la mort du Père Raoul Régis, du diocèse d’Albi, qui, en raison de longs séjours de santé en Cerdagne et de son amitié avec notre carmel, était bien connu dans notre doyenné. Avec son ami le Père Cabié, ils vont nous manquer mais…nous les retrouverons un jour.

Le mois de juillet nous amène une peine plus grande encore, que nous ne pensions pas arriver si tôt : après une opération urgente et trois jours d'hospitalisation, Sœur Marie-Bernadette rend son âme à Dieu dans un sourire à Notre Mère arrivée in extremis. Sa messe de sépulture a lieu deux jours après, le 6 juillet, présidée par le Père Soulet, vicaire général qui représente notre évêque, et concélébrée par nos prêtres les plus proches, dont Monsieur l’abbé Téqui que nous n'avions pas revu depuis son départ de Vinça et pour lequel notre sœur avait beaucoup prié. Une délégation importante de membres de la famille de notre sœur a fait le déplacement depuis la lointaine Vendée, d’où était originaire Sœur Marie-Bernadette.

Si la peine est là, nous n'avons pas trop le temps de nous lamenter car les 10 et 11 juillet, le Père Emmanuel-Marie, Abbé de Lagrasse, vient justement nous donner une dense session sur la vertu de force. Celle-ci nous permettra de retrouver la Paix et la Joie toute spirituelles.

Le 16 juillet, Notre-Dame du Mont-Carmel est dignement fêtée lors d’une Eucharistie présidée par le Père Christophe revenu exprès, entouré d’une magnifique couronne de prêtres, diacres, séminaristes… et chantée en grégorien par la Schola de Coutances Collegium Normannorum qui commence une tournée dans le diocèse: un vrai moment de ciel! Quatre jours après, pour la fête de saint Elie, nous avons la joie d’accueillir Marie au postulat.

A la fin du mois, la jeunesse offre aux sœurs cuisinières une fête de «Sainte Marthe» monumentale!

Il faut bien se détendre un peu avant la studieuse mais passionnante session de Madame Tuffery-Andrieu sur «Autorité et bien commun» début août.

Le dimanche qui suit, notre évêque, Monseigneur Turini, nous fait la surprise de venir passer un moment avec nous, partager quelques nouvelles du diocèse et assister aux vêpres, dans la simplicité, comme un père visite ses enfants…

Nous sommes doublement en fête le 15 août, car en plus de célébrer la Vierge Marie, nous nous réjouissons de la prise d’habit de Sœur Suhaïla, qui prend le beau nom de Stella-Marie de Jésus. Ce sera une étoile filante qui s’envolera finalement pour son Brésil natal au début du mois d’octobre… Oh combien nous vous demandons à tous de vous joindre avec ardeur et persévérance à notre prière pour les vocations sacerdotales et religieuses dont notre France a tant besoin…

Le 30 septembre nous voit vivre un mouvement inhabituel: Notre Mère, sœur Marie-Roxane, sœur Marie-Françoise et sœur Marie-Pascal, véhiculées par notre amie Hélène, partent pour Villefranche-de-Rouergue, assister à la messe de fermeture de ce carmel voulu par Sainte Emilie de Rodat et justement dédié au Cœur Immaculé de Marie. Passant par Rodez, nos sœurs en profitent, à l’invitation de Monseigneur Fontlupt, pour visiter leur ancien Carmel devenu évêché. Notre Mère s’arrête à Millau visiter sa maman très malade… Après ce voyage intense en émotions, tout le monde est de retour le lendemain, un quart d’heure avant le début de la messe solennelle en l’honneur de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus. Et comme s’il ce week-end-là manquait d’émotions, sœur Christine en profite pour se casser le poignet droit: Aïe, aïe!

Nous vous avions parlé du projet de transformer l’ancien syndicat agricole acquis dernièrement en salle de réunion-conférence pour des groupes venant se ressourcer au carmel… Devant l’importance des frais pour aménager ce local, nous nous laissons convaincre par Monsieur Buck qui propose son aide pour faire un appel aux dons. Cela déclenche un abondant courrier, magnifiquement honoré par deux de nos plus vénérables sœurs, qui mettent toute leur foi et leur amour à répondre à chacun. Un immense merci à tous pour votre générosité grâce à laquelle nous pourrons démarrer les gros travaux.

A partir de mi-novembre, ce sont les souris et les araignées qui sont surprises: toutes les sœurs se mettent à nettoyer, astiquer, frotter, débusquant la poussière dans les recoins les plus improbables… C’est que nous nous préparons dans la joie à accueillir dignement notre Présidente et nos Conseillères fédérales qui ont accepté l’invitation à venir visiter le Carmel le plus méridional de France avant de se rendre à Montpellier pour le conseil inter-fédéral. Cette belle rencontre, au cœur d’une journée paisible et ensoleillée renforce nos liens fraternels. Et avec regret, nous voyons la voiture fédérale s’éloigner, bondée… emportant notre Mère avec elle.

L’année liturgique s’achève par notre retraite communautaire, prêchée dans une grande paix par notre frère carme Maximilien-Marie, occasion rêvée pour retrouver Jésus dans le plus profond de notre cœur et … avec amour prendre une ou deux bonnes résolutions pour la nouvelle année liturgique qui s’ouvre le 3 décembre avec l’Avent.

Chers frères et sœurs, chers amis et bienfaiteurs, vous savez combien vous pouvez compter sur notre prière et nous savons aussi combien nous pouvons nous appuyer sur votre aide si précieuse pour nous, contemplatives consacrées à la prière.

Avec vous, nous voulons cette année faire nôtre la parole de la Vierge à Sœur Lucie, l’aînée des voyants de Fatima, devenue carmélite:

«Mon Cœur Immaculé sera ton refuge et le chemin qui te conduira jusqu’à Dieu».

 


 


NOUVEAU ET A VENIR
Tous les dimanches, l'accueil et la boutique du monastère sont fermés à partir de 12h.



 

Chroniques du Carmel

Chroniques de l’année 2017

Avant que 2017 cède la place à 2018 et entre dans l'Histoire (et l'Histoire sainte, espérons-le en toute modestie!), essayons de tracer quelques lignes de cette année d'espoirs et de deuils, de labeurs et de foi. Mais comme l'homme ne se sent vraiment à l'aise que dans des suites chronologiques, nous respecterons cet ordre, même s'il n'est pas très original...

> Voir toutes les chroniques